AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 353 texte représente le lieu conventionnel de médiatisation d’une expérience pratique. De ce point de vue, et dans une perspective cognitive, les acteurs de l’acte communicatif – l’émetteur , le récepteur et le texte – se présentent de la manière suivante : l’émetteur encode dans le texte le résultat d’une expérience ou des connaissances spécialisées ; le texte nécessite une opération de décodage du point de vue de l’information par le récepteur ; cette information sera transformée en activités pratiques. Le schéma de l’acte communicatif devient ainsi, dans une perspective cognitive : expérience pratique - encodage de l’information - véhicule (texte) – décodage de l’information - activité pratique . Certains chercheurs, comme Hurley (2001), ont d’ailleurs remarqué le fait que le texte est un processus social bipolaire médiatisé par une pratique textuelle. Les deux pôles de ce processus sont le pôle “conception/rédaction” et le pôle “utilisation”. En ce qui concerne l’émetteur, le texte correspond pour lui au produit final ou à l’information de sortie (“out-put”) du processus de conception/rédaction. Pour l’utilisateur, le texte joue le rôle d’un ensemble organisé d’informations et d’instructions de traitement et constitue une des informations d’entré (“input”) du processus lecture/utilisation. Les deux actants impliqués dans le processus de communication exécutent des opérations inverses : l’émetteur transforme une représentation conceptuelle, mentale, interne dans une représentation linéaire externe - le texte -, tandis que l’utilisateur transforme la représentation linéaire externe dans une représentation mentale qu’il emploie en vue de l’exécution d’une certaine tâche. L’émetteur linéarise le message, l’utilisateur le délinéarise pour recomposer le message. Mais, dans le cas du texte procédural, l’opération ne s’arrête pas là. “Comprendre” pour le destinataire devient presque identique de “mettre en pratique”. C’est pourquoi le texte est compris comme une source d’instructions qui servent à la réalisation pratique d’un objectif (ou objet). Le modèle du texte procédural, c’est à dire la macrostructure textuelle qui régisse la composition du texte, la structure de surface et l’angencement des informations à ce niveau, reflète, d’une certaine manière, cette structure circulaire pratique – texte – pratique de la manière suivante : objectif à réaliser – matériau – action - produit final. Le texte est ainsi l’encodage d’une expérience pratique dans un code linguistique qui n’en est que le véhicule. Cette caractéristique est exprimée d’une manière différente chez Searle (1982). Quand il caractérise les actes de langage, un des critères pris en considération est celui de la direction d’ajustement entre les mots et le
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=