AGAPES FRANCOPHONES 2012

376 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 intrigué les artistes, ils ont inspiré des oeuvres de tous genres. Ces croyances et fascinations font que jusqu’à nos jours les rêves s’analysent, que se soit pour prédire l’avenir ou dans des buts scientifiques. Une chose est certaine, c’est que depuis la plus tendre enfance tout homme rêve, et qu’il y a une interaction entre le rêve et la réalité. Lorsque nous sommes éveillés nos actes découlent les uns des autres, tout autour de nous se déroule avec une certaine logique. Lorsque nous rêvons cette logique de faits et de situations n’existe plus. Mais durant notre sommeil ce manque de logique et de sens ne nous étonne pas. Toutes les lois de la vie réelle peuvent être transgressées dans nos rêves: les défunts sont ressucités, les vieux redeviennent jeunes, nous sommes transportés dans des lieux connus et inconnus, nous parlons des langues que nous ne connaissons pas, l’imaginaire, le fantastique devient réalité. Cette notion basée sur le rêve, nous nous proposons de l’étudier de plus près, en langue française, en serbe et en slovaque 2 , d’analyser le jeu entre le réel et l’irréel faisant partie du champ sémantique du verbe rêver et de ses correspondants, sanjati en serbe et sníva ť en slovaque. Nous vérifierons de même les correspondances dans les trois langues de l’emploi de ces formes et de certaines formes dérivées. En contrastant et comparant cette notion dans notre étude, ainsi que son rapport avec le sommeil, nous la définirons plus précisément, et nous pensons pouvoir ainsi trouver des particularités sémantiques de ce rapport qui apparaîtront dans le détail de notre analyse. Quelques données étymologiques Pour mieux comprendre l’état présent, il faut faire quelques pas en arrière et vérifier l’origine et l’évolution des mots considérés dans la langue française tout d’abord, langue romane de la famille indo-européenne. Dans le Nouveau dictionnaire étymologique du français de Jacqueline Picoche, sous le mot sommeil , il est indiqué : « Famille d’une racine I-E * swep- “dormir”.[…] 1. Somnus (reposant sur * swop-no- ), dimin. Bas lat. somn ĩ c ŭ lus “ état de celui qui dort ” , d’où somnium défini comme “ songe, rêve ” et somniare “ rêver ” …» (JP, 622) Nous y trouvons les mots latins de la famille de somnus qui ont donné des mots populaires français comme le sommeil (sommeiller), le somme, le songe (songer). C’est donc d’abord le verbe songer qui a signifié «rêver en dormant», attesté à partir du XI e jusqu’au XVII e siècle ( songeur, songerie, songe-creux ), cela est incontestable. Mais l’origine du verbe utilisé plus tard avec la même signification, rêver, a déjà fait couler beaucoup d’encre, et est 2 Ces deux langues sont respectivement la langue nationale et langue maternelle d’une minorité en Serbie.

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