AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 383 (12 a) Posle tr č anja idemo na spavanje. (*Après la course, nous irons au dormir 15 ) ≠ (12 b) Po behu ideme spa ť . (Po behu nasleduje spánok.= Après la course vient le tour du sommeil.) *Posle tr č anja idemo na san. (* Après la course nous irons au sommeil/rêve ) De plus, puisque le moment du réveil peut être aussi naturellement considéré comme celui de la fin du rêve, nous avons trouvé dans la traduction serbe l’emploi de ces deux sens du mot san, se rapportant donc à des termes différents en français : (13a) Zar on [Klod Fransoa]nije umro? Pomisli Blerio trgnuvši se iz sna […] šta se desilo? Upita Blerio, pod utiskom da je i dalje u snu koji se neprestano širi. (Lapeyre, 102-103) (13) Mais il [Claude François] n’est pas mort? Sursaute Blériot en se réveillant. […] Qu’est-ce qui est arrivé? Demande Blériot, qui a l’impression d’être dans un rêve en expansion permanente. (Lapeyre, 148-149) Pour finir, il nous a paru intéressant de noter le fait que, lorsque le rêve est désagréable, il s’exprime en français à l’aide de la construction faire un cauchemar , ce terme n’avait pas tout d’abord de correspondant ni en serbe ni en slovaque, c’est les adjectifs qui aidaient à exprimer cette notion avec les noms san, sen : Faire un beau rêve → Sanjati lep san (ser.) → Ma ť -sníva ť pekný sen (sk.) Par rapport à son contraire : Faire un cauchemar → Sanjati grozan-strašan san Imati no ć nu moru 16 (ser.) → Ma ť -sníva ť hrozný-zlý sen (sk.) Ma ť no č nú moru Une des conséquences des échanges politiques et culturels plus intenses s’étant déroulés dans les pays d’Europe à partir du XIX e siècle, semble donc être des emprunts linguistiques, ainsi cauchemar entre dans le lexique serbe avec une adaptation des phonèmes donnant košmar . Nous l’avons trouvé dans certains dictionnaires bilingues du XX e siècle. C’est aussi le terme que nous avons retrouvé dans la traduction: 15 Cet infinitif n’ayant pas de substantif correspondant ici on dirait plutôt : Après la course, nous irons dormir. 16 Dans le dictionnaire slovaque la construction no č ná mora est définie comme indiquant un être démoniaque.
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