AGAPES FRANCOPHONES 2012

384 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 (14) ... il connaît à l’avance sa tirade sur le détournement des émotions collectives et les cauchemars qui en résultent. (Lapeyre, 70) = (14 a) ..., a osim toga napamet poznaje njegovu tiradu o zloupotrebi kolektivnih ose ć anja i košmarima koje to može da proizvede. ≠ (14 b) ..., a okrem toho pozná naspamä ť jeho tirádu o zneužívaní kolektívnych emócií a zlé sny, ktoré sú výsledkom. Bien que l’auteur de la traduction serbe ait utilisé le nom français cauchemar adopté et adapté dans le lexique serbe, dans d’autres contextes, nous utiliserions plutôt, en serbe comme en slovaque, la construction décrivant le rêve avec le nom et l’adjectif: ružan san/ zlý sen (= laid/ mauvais+ rêve): (15a) Ovih dana život mi je kao ružan san. = (15 b) V týchto d ň och môj život je ako zlý sen. ≠ (15) Ces jours-ci, ma vie est comme un cauchemar. Il ne s’agit pas ici, à proprement parler, du rêve pendant le sommeil mais d’une comparaison de ce qui se déroule de mauvais dans la vie d’une personne tout comme dans un cauchemar. Dans ces cas-là, seules les langues serbe et slovaque ont une équivalence totale entre elles. Conclusion En français, la réalisation linguistique de la notion de rêver a parcouru un chemin assez mouvementé, ce n’est que vers 1650 que le mot rêver a commencé à s’imposer dans le sens actuel du mot. Le plus souvent, le verbe rêver introduit une idée agréable, positive pour la personne concernée. Comme nous l’avons vu, dans les définitions dans les trois langues, la notion de rêver sous sa forme verbale se révèle être presque identique et est toujours traduite, dans les exemples de notre corpus par la forme équivalente en serbe et en slovaque : la construction rêver de +SN donnant les constructions sanjati o+SN locatif , en serbe, et sníva ť o+ SN locatif, en slovaque ; la construction rêver que donne en serbe sanjati da… et en slovaque sníva ť že. Seule la notion de rêver éveillé au sens de songer, réfléchir, n’a pas son équivalent avec la même racine dans les langues serbe et slovaque (6a et 6b). Quant aux dérivés des verbes rêver, sanjati, sníva ť , l’ordre dans lequel leurs diverses significations apparaissent dans les définitions est déjà indicatif et semble témoigner d’un usage différent. C’est en serbe que le rapport du rêve et de la notion de sommeil apparaît le plus souvent (11a, 12a, et 13a), tout comme le fait que la racine san forme plusieurs dérivés, dont le sens est autant en rapport avec le rêve que avec le sommeil.

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=