AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 389 2. De – préposition « autonome » En français, le complément du nom est généralement construit avec la préposition de . La structure N1 + de + N2 recouvre en fait une grande diversité de situations. Nous ne retiendrons ici que les cas où le SP de + N2 est susceptible de s’opposer à des + N2. Le nom au pluriel régi par la préposition de est construit sans article (article zéro), tout en admettant certains déterminants indéfinis, ainsi que la présence de modifieurs (tels que CN, adjectifs qualificatifs ou propositions relatives). Ainsi, on pourra avoir dans la structure de surface des syntagmes comme : la création d’entreprises / de nouvelles entreprises / de quelques (nouvelles) entreprises. Dans la structure profonde, on identifiera, cependant, l’indéfini des (* de + des ), effacé dans la structure de surface, conformément à la règle de cacophonie (Port Royal) ou d’haplologie (cf. Grevisse – Goosse 2008) 2 . N2 peut se construire aussi avec un déterminant situé dans la sphère de la définitude (adjectif démonstratif ou possessif). Pour rendre en roumain ces types de constructions du français, il faudra prendre en considération, en tout premier lieu, certaines convergences et divergences structurales qui existent entre les deux langues. La préposition de du français, utilisée pour construire les CN en question, peut avoir pour correspondant en roumain la préposition de , qui introduit l’équivalent d’un CN, appelé traditionnellement en roumain atribut substantival prepozi ţ ional (N2 est alors à l’Accusatif). Ce type de traduction – littérale ou traduction-calque –, est fondé sur une correspondance structurale entre les deux langues en cause ; on y retrouve la même structure syntaxique : N1 + de + N2, où N2 est un nom indéterminé. Il faut néanmoins préciser qu’elle n’est possible que dans certaines situations, que nous décrirons plus loin. Le roumain étant une langue à flexion casuelle, on constatera le plus souvent une divergence structurale qui imposera une traduction par explicitation : il faudra alors avoir recours, en roumain, à des CN qu’on appelle atribut substantival genitival , dans des structures qui explicitent les relations syntaxiques (en l’occurrence le Génitif). Il faut préciser que le roumain dispose de plusieurs marques du génitif. Dans GBLR (2010, 61), on parle de marques « synthétiques » (désinences et articles définis - postclitiques) et de marques « syntaxiques », proclitiques (les « pronoms démonstratifs semi- indépendants » al , a , ai , ale 3 ), qui peuvent d’ailleurs se combiner dans des contextes déterminés. 2 Cette règle veut que l’indéfini des et les partitifs du et de la s’effacent après la préposition de . 3 Formes que la grammaire traditionnelle appelait « article posessival-génitival ».

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