AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 413 personnes et ne peuvent, par conséquent, pas encore être analysées avec tout le recul nécessaire. La reconnaissance faite aux uns et aux autres montre que c’est aussi l’aptitude du créateur à faire sortir le meilleur de soi et le génie des mots qui est ainsi signalée, quelle que soit l’aire d’expansion d’une langue et que chaque idiome bénéficie du même potentiel culturel. L’aptitude du système linguistique et des locuteurs à utiliser les richesses d’une langue donnée et à les faire connaître permet d’assurer sa continuité, au gré des siècles, sous sa forme première ou sous ses formes secondaires, que constituent par exemple les langues romanes vis-à-vis du latin. Ce qui est certain, néanmoins, c’est qu’une certaine tendance, ici et là, à sous-entendre qu’une langue appartiendrait au passé, du fait d’un niveau de langue élevé qu’on n’adapterait pas aux différents registres modernes, résulte davantage d’une concurrence d’autres groupes linguistiques, plus forts économiquement et d’une connaissance différente des différentes possibilités d’innovations intrinsèques à chaque idiome. La non utilisation dans certains contextes, plus ou moins officiels, de telle ou telle langue au profit de l’anglais, par exemple, peut entraîner des conséquences dommageables car on sait bien que, en dehors de l’aptitude plurilingue d’un individu ou d’une société, puisque chaque langue correspond à la vision de la communauté linguistique qui la parle, il existe, dans bien des cas, une réaction naturelle de repli vers la langue maternelle dans des situations bien précises et, en particulier, celles où l’on se trouve en danger, ce qui renvoie à l’application de la reconnaissance de la diversité linguistique au niveau européen et mondial, qui connaît, néanmoins, certaines avancées pour des langues régionales (cf. par exemple la création de l’observatoire de la langue et de la culture provençales [lors des Assises de Maussane-Les-Alpilles, 2012]). Chaque langue représente une sorte de mosaïque et la littérature écrite ou orale, les traditions, le folklore et, de manière générale, toutes les manifestations de l’esprit, concourent à ce phénomène. C’est bien pour cela aussi qu’il n’est pas de genre moins pertinent que d’autres quand il s’agit d’évaluer l’impact de la transmission d’un message ou d’une information. Il est vrai aussi que certaines données se croisent dans des ouvrages et que des œuvres de spécialité participent à cette réflexion de manière plus explicite, car elles exemplifient tel ou tel point. Les dictionnaires entrent, de mon point de vue, dans cette catégorie, puisqu’ils permettent de répertorier un certain nombre d’entrées. Il va sans dire qu’il ne s’agit pas d’un inventaire neutre, puisque chaque choix est établi après mûre réflexion, en fonction de l’orientation de l’auteur, de sa formation première et reflète sa méthodologie, en particulier dans la présence des dérivés. Un dictionnaire permet aussi de donner une idée de la réalité d’une société à une époque et constitue une sorte d’instantané, de

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