AGAPES FRANCOPHONES 2012

414 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 cliché. C’est la raison pour laquelle tout dictionnaire comprend en général une préface – notamment dans les ouvrages anciens – qu’il convient de mettre en valeur car elle témoigne du cheminement de l’auteur et de sa réflexion qui, à force d’essais, ont contribué à faire avancer chacune de nos langues. Il apparaît dans les dictionnaires une référence à la catégorie grammaticale et, dans certains cas, à l’étymologie, ainsi qu’une série de commentaires sur l’usage qu’on attend du mot dans des contextes précis. C’est dans ce sens qu’on parle de caractère normatif, car le lexicologue peut contribuer, à son niveau, à la fixation de la norme et à ses possibilités d’évolution, en fonction de ses spécificités (voir, notamment, le dictionnaire de T. Stamati dans lequel l’auteur spécifie en divers endroits les formes requises et celles que l’on doit éviter, [846/62] Desertoriu ş i dezertoriu mai bine de şă rtoriu ). Ceci renvoie, bien entendu, à la création interne et externe du lexique. La dérivation, dans chaque langue, représente une tendance importante qui permet à partir d’un mot d’en créer un autre, par adjonction à une racine ou à un radical, d’un préfixe ou suffixe qui permet d’ajouter une acception ou de restreindre le sens initial. Il ne faut pas non plus oublier, à ce niveau, que cette dérivation s’accompagne dans bien des cas, ainsi qu’on l’a dit supra , de modifications de la racine du mot. Un autre point fondamental, en matière de lexique et de création, est la notion d’emprunt. En effet, dans toute langue étudiée, un nombre important de termes est issu d’une langue différente. Les principales catégories d’emprunts sont dites de nécessité ou de mode. Les emprunts de nécessité relèvent de l’apparition de nouvelles techniques ou connaissances et constatent l’incapacité des locuteurs à puiser dans les richesses de la langue (on sait qu’une partie minime du lexique est usitée), soit par méconnaissance, soit par une forme de gêne de remettre en lumière des termes anciens auxquels on pourrait donner une nouvelle jeunesse, soit tout simplement par l’inexistence dans le lexique du terme qui correspond véritablement à la notion que l’on souhaite qualifier et qui soit compris par une communauté donnée. La seconde catégorie correspond, généralement, à un phénomène, qualifié de passager, au départ, et qui ne répond pas à un besoin véritable, mais que l’on ressent comme une tendance à suivre, en groupe. Dans les deux cas, des mots sont arrivés dans le lexique d’une langue – que ce soit le français ou le roumain – et ont répondu à une attente spécifique de la communauté ou d’une partie d’entre elle. Ils sont entrés, sous leur forme écrite ou orale (phonétique), parfois approximative, pour ensuite s’adapter au fur et à mesure que le temps a passé. Cette notion de conservation doit également être soulignée puisque, régulièrement, lors de la parution de nouvelles éditions de dictionnaires, la même question revient quant aux mots à laisser présents et à ceux qui

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