AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 415 doivent être retirés, du fait de leur attrait réduit ou de leur caractère désuet, vieillot ou trop connoté. Ceci touche bien entendu aussi à la politique linguistique de la communauté, régionale ou nationale. Chaque locuteur et professionnel entre en ligne de compte, l’objectif étant de mettre en évidence le patrimoine de la langue qui dispose d’un certain nombre de mots et de références incontournables à son équilibre et à sa survie. Ceci implique aussi la présence de procédés de dérivation qui pourront, machinalement, être utilisés par les locuteurs, sur la base d’exemples et par le maintien de certaines entrées qui, bien qu’étant anciennes, participent à l’histoire de la langue. On le voit, les innovations côtoient les archaïsmes, les emprunts anciens et les termes de divers registres, afin de donner l’image la plus fidèle possible de la langue, à un moment donné de son existence. À toutes les époques, ces phénomènes ont eu lieu et ce, dans toutes les aires linguistiques ; et la période récente n’y échappe pas. Je souhaiterais revenir sur quelques exemples qui illustrent cela et, notamment, sur le « franglais » (en roumain, il existe aussi le terme « romglez ă »). Cette tendance à utiliser des mots français anglicisés ou américanisés émane ou a émané, à un certain moment, d’une volonté de copier tout ce qui était innovant et qui symbolisait la puissance anglo- saxonne. C’est toujours vrai, à bien des égards, mais on remarque, néanmoins, dans certains cas, parallèlement peut-être aussi, à la montée en puissance d’autres économies, et assez récemment, à la mise en valeur réussie de certains mots, utilisés dans des acceptions nouvelles. Un de ces exemples est le terme tablette (tactile), ou liseuse électronique , dont l’usage se développe très rapidement. Un autre exemple est la résistance en français, par l’utilisation du mot ordinateur (professeur J. Perret dans sa lettre du 16 avril 1955 à IBM France), préféré à calculateur face à l’anglais computer , repris dans bon nombre de langues. Un autre type d’innovations assez récent correspond à la féminisation de certains noms de métiers en français, notamment, qui se heurtent, par contre à la résistance de quelques corps de métiers. L’appellation pharmacienne , par exemple, autrefois réservée à la femme du pharmacien, ne reçoit pas toujours l’aval des diplômées en pharmacie qui préfèrent, pour certaines, utiliser le terme générique de pharmacien . D’autres mots tentent d’entrer dans le lexique, tels que professeure ou maîtresse de conférences mais, là encore, ne rencontrent pas l’assentiment général car cela correspond, dans certains cas, à un usage « forcé » qui ne prend pas en considération toutes les données et une utilisation « coulée » de la langue.
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