AGAPES FRANCOPHONES 2012

416 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 L’arrivée et le maintien de nouveaux mots doit, donc, non seulement répondre à un besoin – ici, on parle de reconnaissance de l’égalité au travail – mais aussi bénéficier de termes qui rencontrent l’adhésion de chacun, ce qui ne peut se faire, dans tous les cas, du jour au lendemain. Un dernier exemple, en lien avec la situation précédente, est la réaffirmation officielle de l’utilisation des seuls termes Monsieur , Madame , et donc du retrait du terme Mademoiselle , sauf en cas de demande explicite de l’intéressée, du fait de la volonté de lutter contre les discriminations, résultant de la confusion entre les termes d’État-Civil et le statut marital qui n’a pas à être dévoilé aux tiers. Il en va de même de l’indication nom d’épouse qui est remplacé par nom d’usage qui peut qualifier soit le nom du mari soit un autre nom qu’on est autorisé à porter, par la loi. Cf., à ce sujet la réponse ministérielle n o 5128 du 3 mars 1983 (in J.O. Sénat du 14 avril 1983, page 572). Ces nouveautés, accompagnées par la norme ou par la loi, amènent à faire le lien avec certaines formes de traductions spécialisées et, notamment, avec des traductions administratives qui incluent souvent des termes juridiques. Ainsi que cela a été dit, chaque traducteur est amené, par moments, à opérer des choix qui entraînent des réductions sémantiques, ou des élargissements, ou bien encore, en matière de poésie, une perte de la rime ou de la fluidité dans la phrase. C’est ce qui conduit à l’affirmation italienne « Traduttore – Tradittore », à l’assimilation du « traducteur » à un « traître » (cf., à ce sujet, Variot, 2003, 167-186) et à la supposée impossibilité de traduire la poésie, notamment. Mis à part les cas où il existe des coquilles dans une traduction donnée, ce qui peut arriver, la différence entre la langue source et la langue cible peut parfois s’expliquer par des différences d’interprétations de certains contextes, qui révèlent la vision différente évoquée supra que se font les représentants de chaque langue. Ainsi, la conservation de la rime, au détriment de la forme, en poésie, entraîne, bien évidemment, une perte du message, et vice-versa. C’est pourquoi le meilleur choix consiste, dans la mesure du possible, à s’assurer des véritables intentions de l’auteur, afin de limiter ces aspects négatifs et de ne pas procéder à une totale « recréation », car celle-ci correspondrait à un nouvel original et romprait par là même le lien avec le premier. On le voit, l’exercice de la traduction n’est pas aussi aisé que d’aucuns tentent de le faire croire et cela est peut-être encore plus le cas dans les domaines juridiques, en particulier, car, en plus de la nécessité de respecter la forme générale et le fond, on doit aussi tenir compte d’un ensemble de normes qui font que la traduction est admise par les spécialistes du droit dans les langues source et cible. C’est véritablement le cas pour les documents qui incluent des références aux textes juridiques,

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