AGAPES FRANCOPHONES 2012

426 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 Des adverbes tels que le dimanche en français ou nedeljom en serbe renforcent l’idée de la répétition de l’action (l’exemple (11 a, b)). Il faut noter aussi que dans l’exemple (12 a, b) la forme de l’objet direct au pluriel modifie l’interprétation de la phrase en qualification (comparer avec Elle répare un objet d’art (maintenant) – Ona (sada) popravlja umetni č ki predmet ). Les verbes utilisés dans les exemples (10 a, b) – (12 a, b) peuvent appartenir à des classes sémantiques autres, mais dans ces cas ils sont des situations verbales d’état. Il faut souligner que les situations verbales d’état exprimant des activités habituelles peuvent avoir certaines caractéristiques syntaxiques des situations dynamiques, bien qu’elles aient un schéma temporel statif. Cela veut dire qu’elles peuvent se combiner avec des adverbes de manière orientés vers le sujet impliquant un rôle actif du sujet et un contrôle conscient (Elle répare savamment, adroitement des objets d’art – Ona stru č no, vešto popravlja umetni č ke predmete). Les proverbes, les maximes, les définitions, les faits d’expérience, ainsi que les préjugés, peuvent être définis comme des situations verbales d’état : (13 a) L’habit ne fait pas le moine. (14 a) Un et un font deux. (15 a) Et de même que dans les rêves tout se passe comme on le souhaite … (AI/P) (16 a) Les hommes ne pleurent pas. (13 b) Odelo ne č ini č oveka. (14 b) Jedan i jedan su dva. (15 b) I kao što se u snovima sve podešava prema č ovekovoj želji... (AI/D) (16 b) Muškarci ne pla č u. Les verbes dans les exemples (13 a, b) – (16 a, b) n’appartiennent à la classe sémantique des états ni en français ni en serbe. Pourtant dans ces exemples on peut leur attribuer, sémantiquement, la désignation de situations verbales d’état. Cela veut dire qu’ils renvoient à des processus qui ne sont pas liés à la progression du temps, qui durent hors du temps et qui, par conséquent, peuvent être considérés comme universels. On remarque que les verbes des situations verbales d’état dérivées ont très souvent la forme du présent de l’indicatif. Ce fait peut s’expliquer par la ressemblance de la structure conceptuelle du présent et des situations verbales d’état. Tous les deux, le présent de l’indicatif et les situations verbales d’état indiquent un procès ouvert, non-borné, sans points qui marqueraient le début ou la fin du déroulement du procès. En parlant du présent conceptuel, P. Charaudeau distingue le présent actuel qui indique le déroulement du processus au moment de la parole du locuteur du présent générique qui exprime la répétition à l’infini du processus et qui « acquiert une valeur de réalisation pantemporelle (à la

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=