AGAPES FRANCOPHONES 2012
428 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 L’exemple (17 a, b) illustre l’emploi du présent de l’indicatif pour désigner les situations verbales d’état en français et en serbe : (17 a) Il sait défricher, labourer, semer… Il trait les chèvres, fait cailler le lait, ramasse les œufs de tortue, les fait cuire mollet, creuse des rus d’irrigation, entretient les viviers… Le soir, il endosse une livrée de laquais et assure le service du dîner du Gouverneur. (TM/V) (17 b) On ume da kr č i, ore, seje... On muze koze, siri mleko, skuplja kornja č ina j аја , kuva ih rovito, kopa jarke za navodnjavanje, održava ribnjake... Uve č e navla č i lakejsku livreju i stara se za posluženje guvernerove ve č ere. ( ТМ /P) Ni en français ni en serbe il n’existe, dans l’extrait cité (17 a, b), de complément circonstanciel qui impliquerait la répétition. Pourtant, les verbes au présent dans cet exemple peuvent être interprétés comme des verbes exprimant les activités habituelles ( chaque jour il trait les chèvres… - svakog dana on muze koze… ). C’est le contexte, la première phrase qui contient un verbe d’état savoir – znati , qui nous pousse vers une telle interprétation. Dans la traduction en serbe, dans l’exemple (17 b), les verbes sont aussi au présent, il s’agit des verbes imperfectifs musti, siriti, skupljati, kuvati, kopati, održavati, navla č iti, starati se... Dans l’exemple (18 a) en serbe, les verbes utilisés sont toujours des verbes imperfectifs au présent qui peuvent être désignés comme des situations verbales d’état. Dans la traduction en français (18 b), c’est l’imparfait de l’indicatif qui est employé pour exprimer la signification de l’action habituelle : (18 a) I dok mladi begovski nehljebovi ć plete i trabunja odebljalim jezikom o ljubavi, o smrti, o dertu bez leka, i sli č nim stvarima koje Lotika zna napamet, jer svaki ovdašnji pijanac govori to isto, [...], ona ustaje, prilazi drugim stolovima za kojima sede ostali gosti koji se redovno predve č e sakupljaju u hotelu. (AI/D) (18 b) Et tandis que le jeune bey fainéant divaguait , la langue pâteuse, et débitait des sornettes sur l’amour, la mort, les chagrins amoureux inconsolables et autres sujets semblables que Lotika connaissait par cœur car tous les ivrognes du cru disaient la même chose, […], elle se levait , s’approchait des autres tables auxquelles étaient assis d’autres clients habitués à se réunir là vers le soir. (AI/P) Les situations verbales d’état et l’aspect en français et en serbe Bien que le français et le serbe montrent beaucoup de points communs dans l’expression du concept d’état, ces deux langues diffèrent considérablement dans le domaine aspectuel. La catégorie de situations
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