AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 439 Macht;] Si tu ne m’aimes pas, je t’aime ; Liebst du mich nicht, bin ich entflammet, Si je t’aime, prends garde à toi!... doch wenn ich lieb’, nimm dich in Acht. […]  : Si tu ne m’aimes pas,  : Liebst du mich nicht, Si tu ne m’aimes pas, je t’aime! bin ich in heißer Lieb’ für dich entflammt! Mais si je t’aime, Doch wenn ich liebe, wenn ich liebe, Si je t’aime, prends garde à toi! :  nimm’ dich in acht! :  L’oiseau que tu croyais surprendre Glaubst den Vogel du schon gefangen, Battit de l’aile et s’envola… Ein Flügelschlag, ein Augenblick, L’amour est loin, tu peux l’attendre Er ist fort, und du harr’st mit Bangen; Tu ne l’attends plus… il est là… Eh’ du’s versiehst, ist er zurück. Tout autour de toi, vite, vite, Weit im Kreise siehst du ihn ziehen, Il vient, s’en va, puis il revient… Bald ist er fern, bald ist er nah. Tu crois le tenir, il t’évite, Halt ihn fest, und er wird entfliehen, Tu veux l’éviter, il te tient. […] Weichst du ihm aus – flugs ist er da. […] (Bizet 1981, 15) (Bizet 1875, 6-7) Premier couplet Alors que le français se contente d’une simple qualification de l’amour comme oiseau dans le premier vers, l’allemand en fait une double comparaison en ajoutant des ailes ( Flügel , v. 1) à cet oiseau ( Vogel , v. 2). Cet animal semble être encore plus capricieux dans l’original où « nul ne peut » l’apprivoiser alors qu’il n’est que « dur » ( schwer , v. 2) d’apprivoiser l’oiseau allemand, c’est-à-dire que c’est malgré tout possible. Le traducteur a choisi cet affaiblissement en faveur de la rime schwer – her (v. 2 et 4). En revanche, le texte allemand fait preuve d’une concision extraordinaire en rendant le contenu de deux vers en français (v. 3-4) en un seul (v. 4), et pour respecter les conditions musicales, le traducteur est obligé d’insérer un vers qu’il a inventé ( Haltet fest sie mit Band und Zügel , v. 3 ; en français : « il faut tenir la bride haute »). Les noms menace et prière (v. 5) sont verbalisés dans la version allemande par bittet et befehlet (v. 5 ; en français : «vous priez » et « vous commandez ») ce qui, dans les vers suivants, continue ainsi ( sprecht et schweigt , v. 6 ; en français : « vous parlez » et « vous vous taisez ») où le texte français applique lui aussi les verbalisations parle et se tait (v. 7). Ce qui est frappant dans la traduction, c’est la « dégénéralisation » que l’on constate aux vers 5 et 6, car, en allemand, Carmen s’adresse directement à son auditoire avec le pronom personnel de la deuxième personne du pluriel – ihr (en français : « vous ») – pour rendre deux choses différentes du texte de départ. La première fois, le pronom personnel s’impose à cause de la structure grammaticale (comme nous venons d’observer, les substantifs

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