AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 447 2.1. Hybridité péritextuelle Envisagée par Gérard Genette (1987, 8) comme un ensemble de pratiques et de discours autour du texte, par lesquels le texte se fait livre, l’hybridité péritextuelle vise plusieurs aspects de l’œuvre littéraire, dont les références aux deux champs (linguistique et culturel) de l’œuvre, les références éditoriales et métatextuelles. L’hybridité concerne également le support choisi (volume, anthologie, revue), parce qu’il influence sur la réception de l’œuvre. Pour mieux faire ressortir le rôle de chacun de ces éléments dans la bonne réception d’une traduction, nous allons les analyser un par un. 2.1.1. Maisons d’édition Din Calidor / « Le Calidor » paraît d’abord en français, en 1987, chez Albin Michel, dans la traduction d’Alain Paruit, parce qu’à l’époque l’auteur Paul Goma était connu comme l’un des contestataires les plus acharnés du système communiste et de Ceau ş escu, comme un combattant fervent pour les Droits de l’Homme en Roumanie. Sa renommée ayant dépassé les frontières du pays, les services secrets et la Securitate n’ont pas pu l’enfermer ou l’anéantir, mais il était sous surveillance permanente, ce qui n’a pas empêché Paul Goma d’envoyer le manuscrit en secret en France et de l’y faire publier. Ce livre à clé peut être lu d’abord comme un livre d’enfance, où l’auteur raconte ses souvenirs liés à Mana, son village natal de Bessarabie, qu’il a dû quitter pour se refugier en Transylvanie après l’occupation soviétique de sa région. Mais les implications de nature politique, philosophie, culturelle, affective sont si évidentes, que le livre dépasse de beaucoup le cadre strict d’un livre d’enfance et devient une sorte de méditation lyrique, de journal romancé d’un enfant qui, à travers le dialogue qu’il entretient avec son père, devient conscient des réalités cruelles dont il est témoin. Ce caractère de roman-confession, écrit à la première personne par un adulte qui laisse le lecteur pénétrer dans l’intimité de l’enfant qu’il fut, ne peut qu’attirer une maison d’édition indépendante, comme Albin Michel, où les choix éditoriaux ont consacré des écrivains français (Pierre Bénoît, Roland Dorgelès, Henri Pourrat, Robert Sabatier), francophones (Patrick Cauvin, Yasmina Reza, Amélie Nothomb) ou étrangers (Mary Higgins Clark, Stephen King, Thomas Harris) et où fonctionnait une collection « Jeunesse » (pour la petite enfance) et une collection « Les Grandes Traductions ». Albert Michel publie plusieurs des romans de Paul Goma, dans la traduction d’Alain Paruit, qui se charge non seulement de faire connaître cet auteur roumain
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