AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 449 Si l’éditeur français a opté pour une sobriété extrême, imposée par le format consacré par la collection « Les Grandes Traductions », d’autres éditeurs étrangers optent pour des images suggestives pour encadrer le livre dans un certain genre. Ainsi, par exemple, la maison d’édition anglaise Readers International utilise une image stylisée d’un enfant et d’un petit cheval (Fig.3). Mais le désavantage est que le petit képi que porte l’enfant déconstruit l’identité culturelle de l’œuvre et fait penser à un Gavroche ou à un Ivan. Sur la couverture de la jeune maison d’édition italienne Keller (Fig.4), le visage de l’enfant qui se recouvre un œil de la main droite suggère la vision kaléidoscopique du monde que l’enfant recompose à partir des bribes. C’est exactement ce que fait le personnage-auteur dans le roman de Paul Goma. Fig.3 (source : http://www.amazon.co.uk/ My-Childhood-Gate-Unrest-Roumanian/ dp/0930523733) Fig.4 (source : http://alternativaonline.ca/ NoutatiEditoriale1011.html) La stratégie éditoriale des maisons italienne et anglaise nous semble plus inspirée, les marques explicites d’acculturation du roman, de même que celles de distanciation étrangère étant plus visibles – on a affaire à une littérature mémorialistique –, mais risquent de tromper l’attente du lecteur, en le détournant du sens profond, inquiétant du roman – les causes qui déterminent une famille d’intellectuels roumains de Bessarabie de s’expatrier pendant la seconde guerre mondiale. Signalons également les options des maisons d’édition roumaines, dont Albatros qui surprend l’essence du livre, en offrant une image stylisée du pilier sculpté de la terrasse paysanne où le petit Paul Goma a passé son enfance bessarabienne (Fig.5), alors que Polirom offre l’image entière de cette maison, avec l’enfant en haut de l’escalier (Fig.6).

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