AGAPES FRANCOPHONES 2012

468 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 coups de diatribes poétiques, où le séjour au paradis est plus long que celui en enfer… » ( NS a, 98) „Sunt Risalat-al-Ghufran , Epistola iert ă rii, o carte fundamental ă pe care pu ţ ini au citit-o cu adev ă rat. Am fost scris ă în anul 1033, iar creatorul meu s-a n ă scut la Ma’arat al-Nu’man, în Siria de Nord, în regiunea Alep... Sunt o carte dificil ă în care dialogheaz ă mor ţ ii, unde regl ă rile de conturi se fac prin diatribe poetice, unde ş ederea în paradis este mai lung ă decât cea din infern...” ( NS b, 86) (12) Cette bibliothèque humaine était très animée. Il y avait même une très jeune fille qui se balançait sur un trapèze et récitait Ulysse : « … je ne vais tout de même pas coller ici comme une patelle. Ce temps-là est abrutissant. Il ne doit pas être loin de neuf heures d’après la lumière… » ( NS a, 98) Aceast ă bibliotec ă uman ă era foarte animat ă . Era pân ă ş i o fat ă foarte tân ă r ă care se leg ă na pe un trapez ş i recita Ulise: „... totu ş i nu voi r ă mâne ţ intuit aici toat ă noaptea ca un taler. Acest timp este abrutizant. Nu mai poate fi mult pân ă la nou ă , dup ă cum cade lumina...” ( NS b, 86) Les exemples présentés ci-dessus, illustrent le potentiel créatif du parler bilingue, qui participe de « l’action concertée » constructive qui fait émerger un nouvel univers de sens partagé, dans la mesure où deux « mondes » liés aux langues-cultures ne coexistent pas simplement, mais se chevauchent et s’interpénètrent. Il s’agit d’un suprasystème cohérent, d’un tout original engendré par les effets de toutes sortes de marques transcodiques […] (Jablonka 2010, p. 2). À part cette fonction poïétique , qui surprend le faire même non d’un texte, mais d’une langue, et les mécanismes intimes de ce faire , la comparaison des deux textes soumis à l’analyse nous a permis de dégager une série de fonctions que les catégories d’éléments inventoriées assument dans le récit. La présence des éléments lexicaux instaure dans la bi-langue « un jeu de la séduction et du désir» (R ă dulescu 2009, 42) : véritables îlot culturels, les mots et les expressions arabes présents dans le texte séduisent le lecteur et lui insufflent le désir d’une immersion dans la langue et la culture de l’Autre, dont la bi-langue garde les traces. Le jeu du désir et de la séduction est donc le moyen par lequel se réalise l’ouverture vers un nouvel imaginaire. Il est à la fois un moyen d’accepter l’Autre dans sa différence, de

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