AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 483 conséquence car il est porteur « d’effets juridiques susceptibles d’être dommageables pour les personnes ou les parties concernées». (Gémar 1990, 733) Or, cette approche téléologique du traduire par les « effets de droit » (Sparer 2002, 8) nous renvoie directement à la nécessité pour la traduction juridique de « dire exactement la même chose » que le texte de départ, ne fût-ce que pour être capable de « reproduire un effet équivalent dans le réel . En ce même sens de la responsabilité du traduire, d’autres problèmes extrêmement délicats, de par leur gravité et conséquences, seraient le traitement de l’ambiguïté dans la traduction du texte juridique et le statut de l’erreur de traduction. Outre la responsabilité du traducteur qui s’y trouve entièrement engagée, ces deux aspects outrepassent souvent la méthodologie pour relever directement du politique. Il suffit de renvoyer à ce sujet aux retombées politiques, économiques, diplomatiques des erreurs de traduction. (Gémar 1997) Sans détailler ici cette problématique très intéressante, on pourrait en retenir dans le même ordre d’idées que , impliquant au moins deux cultures juridiques, deux langages et deux systèmes de normes, l’approche du traduire des textes juridiques fait grosso modo état de deux grandes possibilités, autant de façons de gérer « la fidélité », pour ce qui nous intéresse ici. En ce sens, le degré d’adéquation parle de la traduction juridique orientée vers le texte et la langue-culture de départ, tandis que le degré d’acceptabilité signale l’orientation du traduire du texte juridique vers la langue-culture d’arrivée. (Toury 1995) L’expérience canadienne fait historiquement état d’un choix difficile entre la traduction littérale, taxée de « servile », et la traduction libre, taxée de « hautaine », les deux risquant de manquer de « fidélité ». C’est pourquoi, la jurilinguistique, née elle aussi au Canada, propose la co-rédaction comme alternative à la traduction des textes juridiques. La traduction de l’acquis communautaire comme expérience traductive récente en Europe, notamment dans les pays ayant adhéré à l’Union européenne, dont la Roumanie, pourrait apporter des éclaircissements sur la problématique, les solutions et les hypothèses traductologiques approchées précédemment. Dès son origine dans les années ‘50 du siècle dernier, L’Union européenne a parié sur le multilinguisme. Un pari politique, il va sans dire, mais aussi linguistique, dont nous sommes aujourd’hui en position de mesurer la portée. En effet, depuis le début, « un régime de multilinguisme intégral est établi et inscrit au coeur du processus juridique et politique européen » (Rapport 2009, 8). Par conséquent, depuis plus d’un demi- siècle, tous les efforts politiques, économiques, humains ont été déployés pour exhausser le vœu formulé avec l’enthousiasme propre aux commencements : « l’Europe démocratique et l’Europe des citoyens voulue par les pères fondateurs ne pouvait être que multilingue. » ( idem , 11) Et

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