AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 485 langue officielle ». ( ibidem ) Risque : le multilinguisme législatif peut empiéter en cas de litige sur la cohérence juridique ; - « Environ 80 % des documents originaux sont rédigés en anglais par des locuteurs non natifs. » ( idem, 56) Risque double : d’une part, la langue- culture de rédaction relève d’une culture juridique autre (la commun law ) que les langues-cultures de traduction ; de l’autre, les rédacteurs sont des locuteurs non-natifs, ce qui fragilise la qualité de la rédaction d’un texte juridique dont la portée n’existe qu’à travers le langage qui le constitue et, en outre, ces textes sont à traduire vers d’autres langues ; - « L’essentiel du flux en 23 langues est la traduction, à partir d’originaux rédigés majoritairement en anglais, de versions linguistiques pour la publication au Journal officiel, traduites. » ( idem, 55) Risque : voir supra , ce qui n’est pas sans rappeler la discutable stratégie de traduire à partir d’une traduction ; - « Une unité est constituée en 2006 à la DGT pour assurer la révision linguistique et stylistique des originaux anglais et français. » ( idem, 56) ; « l’unité " Qualité linguistique " qui améliore les documents de la Commission rédigés en anglais ou en français, notamment par des personnes dont ce n’est pas la langue maternelle ou principale » ( idem, 53). Problème : prise de conscience des failles d’une rédaction problématique de textes juridiques et tentatives de réparation, y compris une forme naissante de co-rédaction, peu envisagée actuellement en raison des volumes et coûts immenses ; - « Pour faire face au flux des documents en provenance des États membres d’Europe centrale, la DGT a introduit, à titre expérimental et sur la base du volontariat, la possibilité de faire de la traduction bipolaire » ( idem, 54) vu que « un locuteur de langue maternelle assure la révision ». ( ibidem ) Problème : pour des raisons d’efficacité (volumes toujours plus importants à traduire), recours à une stratégie traductive à risque. À y regarder de plus près, malgré tous ces risques assumés, le chemin parcouru est extraordinaire. « La diversité linguistique est mieux prise en compte au plan européen, comme base fondatrice de la démocratie et facteur d’adhésion des citoyens à la construction européenne. » ( idem, 59) Il suffit de comparer la politique linguistique du début, lorsque tout était traduit, mais n’avait pas de portée juridique : « Le traité de Paris est rédigé en français, et seul l’original fait foi, même si des traductions officielles sont établies et publiées » ( idem, 8) et la consécration « du multilinguisme comme politique européenne début 2007, sous la responsabilité du premier commissaire roumain, Leonard Orban ». ( idem, 60) Désormais, les langues sont tenues pour « égales » et les versions linguistiques « équivalentes » (« la DGT, garante de l’équivalence des

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