AGAPES FRANCOPHONES 2012

512 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 modes de décider, alors que, ajoute-t-il, les désaccords affectifs émergent « lorsque les enjeux associés aux tâches interfèrent avec les préférences, les opinions ou les principes moraux des personnes » (261). Les divergences cognitives deviennent fonctionnelles, continue l’auteur cité, si les échanges d’arguments sur des bases raisonnées « permettent d’affiner les choix d’objectifs et de procédures de résolution de problèmes ou d’exécution de tâches et de prendre des décisions plus appropriées que celles prises sans discussion » ( idem ). En revanche, les désaccords affectifs restent fréquemment dysfonctionnels. Ils détériorent le climat relationnel lorsque l’échange initial de vues opposées dégénère en une altercation imprégnée de sentiments négatifs « à cause de l’importance des enjeux ou de malentendus d’ordre projectif ou narcissique […]» ( idem ). Il va de soi que la gestion efficace des dissonances qui n’aboutissent à aucune solution créative est cruciale, notamment en situations professionnelles. La médiation (inter)culturelle Certains théoriciens décrivent la médiation en prenant comme point de départ son étymologie qui éclaire sur – et légitime – les « missions » de l’activité afférente. Issue du latin « mediare » 6 , la médiation est utilisée dans le domaine culturel au moment où il y a une tension provoquée par les différences de représentations culturelles. Ces différences se manifestent même au niveau d’une seule langue-culture (dans ce cas, on parle de médiation culturelle), et d’autant plus au niveau de diverses langues – cultures (on recourt alors au terme de médiation interculturelle). Mais, quel que soit le contexte, culturel ou interculturel, où opère l’activité de médiation, celle-ci intervient, comme le souligne le psychanalyste René Kaës, cité dans Gautheron-Boutchatsky et al (2003, 181), lorsqu’il s’agit de « construire […] des représentations capables de faire lien et sens entre des éléments disjoints et séparés ». D’autres chercheurs examinent la « médiation » compte tenu de ses usages, la présentent comme polysémique, pour la situer ensuite en rapport avec la négociation et le conflit. À propos de sa polysémie, rappelons que ses emplois dépendent du contexte d’emploi (cf. Stimec, 2006) : en sciences de l’information et de la communication, par exemple, le terme désigne une intermédiation ou une articulation entre la dimension individuelle du sujet et la dimension collective de la sociabilité, alors que dans les médias, il a le sens de médiatisation ou diffusion de l’information. 6 « Le terme de médiation tire son origine du latin ‘mediare’ qui a deux sens. L’un renvoie au don, au sens de procurer, fournir, donner, etc., l’autre renvoie à l’interposition, au sens de poser entre, d’interposer, d’intercéder. » (Gautheron-Boutchatsky et al , 2003, 181).

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