AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 513 Par ailleurs, comme le soutient Zarate (2003, 246), réfléchir à la médiation du point de vue de la didactique des langues, c’est tout d’abord envisager cette dernière comme un espace « où se transmettent des valeurs issues de systèmes culturels différents, plus ou moins compatibles entre elles », comme un espace qui évolue, cette évolution infléchissant « le rôle couramment attribué aux repères qui balisent ce domaine : apprenants, outils d’enseignement, enseignants », où il convient de « faire valoir des compétences qui s’exercent aussi dans des milieux professionnels », couramment dissociés (traducteurs, interprètes, enseignants, etc.), « mais qui occupent des fonctions semblables, celles d’intermédiaires restaurant une communication brouillée », telles que l’écoute active, l’explicitation du sens caché, la recontextualisation des références livrées sous forme de stéréotypes, etc. Rappelons aussi que pour éliminer les risques de confusion terminologique, Stimec propose (2006) de placer la négociation au cœur de la médiation ; celle-ci apparaît ainsi comme un processus de négociation favorisant la réalisation d’un projet commun, la résolution d’un conflit, l’établissement ou le rétablissement d’une relation. Notons enfin que les spécialistes de la médiation distinguent parfois la médiation de la conciliation, et ils le font ayant en vue les finalités centrales de ces deux pratiques. La conciliation est centrée sur la recherche d’un compromis tandis que la médiation, cette passeuse de compréhension , selon la formule de Guillaume-Hofnung (2006, II, §1), se focalise plutôt sur la création des conditions du dialogue (reformulation, mise en place des règles du jeu, etc.), l’accord étant une conséquence souhaitée, mais non exclusive (Stimec, 2006). Autrement dit, la « médiation ne doit pas être un espace de compromis mou […] mais un espace de confrontation contribuant à une culture du dialogue » (Stimec, 2000, VI, § 5). L’empathie Distincte de la sympathie 7 , l’empathie 8 paraît jouer un rôle crucial dès qu’on aborde les relations interindividuelles surtout dans les 7 Même si les deux notions incluent des éléments qui se chevauchent, comme l’affinité ou la compassion, les différences sont plus significatives et en fait définitoires (cf. (Iriskhanova et al , 2003, 117). 8 Pour un historique et une présentation des conceptions contemporaines de la notion d’empathie, voir, entre autres, Iris Iriskhanova et al (2003, 112-114) et Cukier (2011). Au cours du XX e siècle, le terme a fait l’objet de nombreuses réflexions propres aux théoriciens et praticiens de la psychologie ou de la psychanalyse. Mais on le retrouve aussi dans d’autres connexions thématiques et dans d’autres domaines des sciences humaines. Rappelons sa corrélation avec les activités de médiation culturelle dans divers contextes dont les relations de travail dans des entreprises biculturelles (Geoffroy, 1998) et la pédagogie des langues (Iriskhanova et al , 2003).
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