AGAPES FRANCOPHONES 2012

514 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 interactions qui exigent « un degré élevé de compréhension des véritables différences et schémas culturels » (Iriskhanova et al , 2003, 110). Il s’agit en particulier de ce qu’on appelle la communication interculturelle : en premier lieu, les échanges entre partenaires de diverses langues - cultures, sans négliger pour autant les situations lorsqu’on parle la même langue mais on ne partage pas la même culture. Angles d’approche La notion d’empathie connaît maintes définitions suivant la discipline qui l’approche. Selon la synthèse faite par Iris Iriskhanova et al (2003, 112), en sociologie elle est vue, « comme la sensibilité consciente à la conscience d’autrui » ; les psychologues « se concentrent sur la personne empathique et son aptitude à maintenir une conscience de la nature imaginative du fait de se transporter à l’intérieur de l’Autre », alors qu’en psychothérapie, l’empathie devient « une aptitude acquise consistant à ‘se montrer sensible aux sentiments du client par une écoute active qui porte une attention soigneuse et perceptive à ce que dit le client’ » ( idem ). L’attention à ce que dit l’autre, donc son écoute active qui fait partie de ses capacités empathiques, constitue un trait indispensable à la médiation culturelle, comme le témoigne les praticiens de la médiation en milieu de travail (cf. plus bas). Les études axées sur les interactions langagières en milieu bi- ou pluriculturel n’ont pas contourné eux non plus la question de l’empathie, dont la pertinence est incontestée, même si elle est examinée sous des angles variés. Envisagée comme la forme la plus commune d’adaptation aux écarts culturels, l’empathie mène à un changement provisoire du cadre de référence, comme le soutient Milton J. Bennett (1986), ce qui favorise la perception d’une situation du point de vue du partenaire de dialogue. L’empathie rend capable son possesseur, surtout en sa posture de médiateur, de modifier temporairement non seulement sa manière de voir, mais aussi sa manière d’agir, tout en inspirant ses possibilités d’expliquer et de comprendre. Retenons également que l’identification empathique avec l’Autre ne signifie pas identification complète, abandon, en définitive, des valeurs, croyances, normes, etc., personnelles, finalement désintégration de sa propre identité. Le médiateur, par sa double aptitude, entrer dans l’univers de l’Autre et s’en détacher, se place plutôt dans une sorte de marginalité créative, facilitant aussi bien une meilleure appréhension de la logique des acteurs en présence que l’élaboration d’une démarche adéquate à la situation d’interaction ; cette démarche commence habituellement par le repérage des niveaux d’incompréhensions, continue par l’explication des distorsions décodées et par leur correction à l’aide des reformulations

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