AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 515 contextualisées, susceptibles de rendre intelligibles les ruptures de sens génératrices de tensions plus ou moins visibles. Quant à la nature de l’empathie – est-elle une aptitude, ou bien une attitude ? –, les théoriciens divergent en principal en raison de la diversité d’axes de recherche et du but poursuivi. Certains la considèrent comme une attitude, d’autres comme une aptitude, d’autres, enfin, comme une attitude–aptitude. La dernière conception, cumulative, d’aptitude attitudinale, s’appuie sur les habiletés inhérentes à la personne empathique: Dans le cas de l’empathie, il s’agit d’être familiarisé avec différents systèmes de référence culturelle, d’être capable de développer une compréhension selon le point de vue de l’Autre, de savoir temporairement s’identifier à l’Autre, et d’être en mesure de comprendre des corrélats verbaux et non verbaux signalant un changement de perspective culturelle . (Iriskhanova et al , 2003, 115) Au-delà du flou définitionnel, il y a unanimité à l’égard de l’utilité de l’empathie lors du processus communicatif. En plus, on s’accorde à l’envisager comme un effort personnel de passage de soi à l’Autre, d’engagement réel dans une relation active et décentrée à cet Autre. C’est un élément clé dans les activités de médiation lors desquelles la passation d’éléments socioculturels s’avère indispensable à l’interprétation et à la compréhension du comportement (discursif, gestuel) du partenaire étranger. L’empathie est conditionnée par la mise en pratique de plusieurs groupes d’aptitudes. Selon l’investigation de Gérard Marandon (2003, 263), un premier groupe, visant l’allocentration proprement dite, inclut la suspension du jugement, l’intérêt pour autrui et la disposition à entrer en contact. Un deuxième groupe d’aptitudes, lié à la flexibilité psychologique, comprend la tolérance à l’ambiguïté et la complexité cognitive (capacité de gérer des normes et styles de travail différents, prise en compte de divers points de vue, capacité de ne pas assimiler l’individu aux stéréotypes). Un troisième groupe d’aptitudes, relevant de la réceptivité active, réunit l’écoute attentive et la compréhension des besoins, sentiments, points de vue des parties en présence. Notons par ailleurs que l’empathie est vue comme « la condition personnelle primordiale de la confiance », celle-ci étant la « condition fondamentale de la coopération » (Marandon, 2003, 277), car elle facilite à son tour l’ouverture à autrui. Il est pourtant vrai, répétons-le, que ces aptitudes déterminant l’empathie ne garantissent pas automatiquement à leur possesseur le succès de la communication. Ce succès, ajoute Marandon (2003, 263-264), dépend aussi d’autres variables, personnelles (intérêt, motivation pour la rencontre…) et/ou situationnelles (réalités professionnelles, politiques, économiques).
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