AGAPES FRANCOPHONES 2012

526 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 cette culture ainsi que d’une de ses variétés du français, le joual. Cette variété n’est pas beaucoup présentée dans les manuels de FLE, alors qu’elle pourrait être un bon déclencheur de la motivation pour les apprenants, puisqu’elle représente la richesse et la diversité de la langue française. De même nous allons voir si, avec une distance temporelle de quarante ans, cette variété s’est maintenue comme phénomène linguistique et comment nous pouvons l’utiliser comme matériel pédagogique dans l’enseignement du FLE. Avant de passer à l’élaboration de ce sujet il est important de définir le terme joual . Il s’agit d’une variété du français québécois parlé à Montréal, et d’après Le Petit Robert c’est le « mot utilisé au Québec pour désigner globalement les écarts (phonétique, lexicaux, sémantiques ; anglicismes) du français populaire canadien soit pour les stigmatiser soit pour en faire un symbole d’identité. »(Rey-Debove et Rey 2000, 1379) Ce nom, déformation du mot cheval, a été introduit pour la première fois par André Laurendeau (1959) dans un article du Devoir , et l’année suivante « popularisé » dans l’œuvre de Jean-Paul Desbiens Les Insolences du frère Untel où celui-ci analysait la prononciation et la variante de la langue parlée par ses élèves. Il s’agit du parler commun de la classe ouvrière francophone de Montréal contaminé par l’anglais, qui évolue plus facilement, généralise ou abandonne des règles, et qui est différent du parler familier. Alors que le niveau familier concerne une situation de communication, le mot populaire qualifie un niveau de langue composé des réalisations courantes de la langue parlée dans les milieux populaires. Au Québec, cette langue populaire est appelée «joual». Alors que de nombreuses chutes de sons caractérisent la langue familière, en langue populaire s’ajoutent d’importantes variations quant : au timbre des voyelles et à la netteté de l’articulation, au choix des mots, aux structures grammaticales. 2 Justement dans notre corpus nous allons voir quels sont les écarts entre le niveau familier, le niveau populaire (joual) et le niveau correct (standard), et s’ils ont quelques traits communs. Vu le fait que le joual a une double forme (écrite et orale) nous proposons un corpus composé de deux textes littéraires et deux chansons, œuvres d’auteurs représentatifs du monde francophone au Canada, qui pourraient être exploités en tant que documents authentiques en classe de FLE. Avant de passer à nos pistes d’exploitation il est important de mentionner que le texte littéraire a bénéficié d’une place privilégiée, au même titre que la grammaire et la traduction, dans les premiers manuels de FLE. Cependant, aujourd’hui les manuels se sont beaucoup éloignés de ces manuels traditionnels. Ils nous apportent de nouveaux matériaux inédits, des documents variés et authentiques qui nous permettent d’élargir les 2 Disponible sur : http://wwwens.uqac.ca/~flabelle/socio/languepopulaire.htm

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