AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 533 la tendresse : tous ses éléments sont réunis pour bien ancrer cette histoire dans celle de notre époque. (Zoomba 1998, 228) La langue dont se sert l’auteure est « une langue assez sale, bilingue et joualisée qui promet un roman à tout le moins original. » (226) C’est un mélange de modernité (du point de vue du sujet) et de tradition (du point de vue du registre langagier), et c’est pour cette raison que certains extraits de ce roman peuvent être utilisés comme un bon exemple de la variété du français québécois dans la classe de FLE. Ils rendent possible le travail sur les trois stratégies usuelles étant donné que nous disposons du support pédagogique écrit ; - compréhension écrite : donner aux apprenants le résumé du roman pour les sensibiliser ; leur distribuer un extrait du roman, par exemple : Extrait du 24 e chapitre [Mona – qui travaille à la Régie de l’assurance automobile à Québec –, et Britte parlent de Plourde. Mona pense qu’il peut être l’assassin]: […] — Tu penses-tu que Plourde est une sorte de serial killer ? (Britte) — Ben oui, j’ai trop vu de films. Ben non, je pense pas . Y trouvait que ses sujets gardaient pas la pose assez longtemps ? Je le sais-tu ? Toi, t’as pas une idée ? Tu le connais mieux. — Moi ? Je proteste : […] Pas pantoute . Mais Mona l’appuie, sans doute pour se dissocier. — Vous vous ressemblez, en plus, quand j’y pense : vous avez la chienne des mêmes affaires , les mêmes réactions. Vous faites le même genre de jokes , … […] J’ ai de nouveau le moton . — Mona a raison. La grosse différence entre lui et toi c’est que t’es sûre d’avoir de droits sur personne. Sauf sur moi, ces temps-ci , pourvue que ça dure, soit dit en passant. Lui, y se cré… Encore une fois, le téléphone sonne. Louis termine sa phrase avant de répondre : — Il est certain de pouvoir choisir à la place des autres. Comme toi t’es pas capable de rien décider, même pour toi-même, par boute , tellement tu veux pas avoir de rapport avec rien. Mais c’est pareil, dans le fond… Facile à dire : ça ne veut rien dire. Louis enchaîne : — Allô ? … Ben oui. OK, ben , venez-vous-en … Ben non, c’est correct , il peut venir, lui aussi. Il raccroche. — Pis ? — Pis rien. Y ont rien trouvé, y s’en viennent . Brigitte, braille pas … Ben voyons ! A pleure tout le temps, ces temps-ci … C’est pas ça que je voulais dire. Si tu lui ressemblais tant que ça, je t’aimerais pas de même … Ben voyons ! Pis y vont le retrouver, Théo. Louis me prend dans ses bras, Mona me caresse le dos. Je me mets à rire en les repoussant.
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