AGAPES FRANCOPHONES 2012
Mohamed Daoud, Faouzia Bendjellid, Christine Detrez (dir.), Écriture féminine : réception, discours et représentations , Oran, Éditions du CRASC, 2010, 552 p. ISBN : 978-9961-813-39-3. Le présent volume regroupe une sélection des communications présentées par des chercheurs en littérature maghrébine et féminine provenant d’universités d’Algérie, de Maroc, de Tunisie, de France et des Pays-Bas lors du Colloque international Écriture féminine : réception, discours et représentations, organisé en 2006 par le Centre de recherche d’anthropologie sociale et culturelle CRASC (Algérie). Dans une société dite traditionnelle où la femme se voit attribuer le champ de l’oralité, la venue à l’écriture des écrivaines symbolise une conquête d’un espace intellectuel réservé longtemps à l’homme. En même temps, elle concrétise un moyen de transgresser les lois ancestrales, de passer de l’aphasie à la parole, de résister contre le pouvoir masculin, de partir dans une quête identitaire, de conquérir une place visible dans la société. Par voie de conséquence, l’organisation d’un colloque portant sur l’écriture féminine et, par la suite, la publication d’un volumineux tome des actes, témoignent de la place importante que les œuvres écrites par les femmes commencent à occuper dans la littérature et la culture maghrébine. La première partie du volume s’intéresse à l’ écriture féminine : problématique et définition . Najiba Regaieg s’arrête sur une poétique du féminin au Maghreb (p. 21-33). En s’appuyant sur un exemple personnel qui lui a permis de prendre conscience de la différence entre une écriture féministe – virile, réclamant l’égalité entre les hommes et les femmes, et une écriture féminine – « poétique, douce, fluide mais aussi par moment violente » (p. 22), l’auteur réussit à prouver que cette dernière existe bel et bien au Maghreb même, malgré « les dangers » qu’elle implique et le retard par rapport à la littérature féminine occidentale. De son côté, Sonia Zlitni Fitouri réalise une comparaison entre la manière d’écrire le féminin dans La pluie de Rachid Boudjedra et dans la Chronique d’un décalage de Azza Filali, romans construits autour du thème du corps féminin (p. 35-52). Charles Bonn se penche sur l’auto-représentation féminisée de l’écriture chez quelques écrivains maghrébins - Mouloud Feraoun, Kateb Yacine, Rachid Boudjedra, Tahar Ben Jelloun (p. 55-66). L’annulation de l’intrigue amoureuse à cause d’une apparente absence du personnage féminin représente, selon l’auteur, une des caractéristiques principales du texte littéraire maghrébin actuel. Le second volet du volume se rapporte aux dominations masculines et aux résistances corporelles. Dans sa contribution « À corps et à cris : résistances corporelles chez les écrivaines maghrébines » (p.69-79), Christine Detrez souligne que le corps, dont la femme veut récupérer la possession et l’expression, représente une problématique importante dans
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