AGAPES FRANCOPHONES 2012
566 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 la littérature féminine du Maghreb et que seule l’écriture permet de redonner « la parole à ces corps apparemment muets, passifs » (p. 79). Abir Krefa analyse le corps féminin et ses modes et limites des résistances à la domination masculine dans le roman Myriam ou le rendez-vous de Beyrouth de Souad Guellouz où l’on dénonce l’« interdit » qui pèse lourd sur le destin de la femme (p.81-90). Fatima- Zohra Chiali et Goucem Nadira Khodja s’intéressent à Loin de Médine (p. 90-113), respectivement à L’amour, la fantasia ((p. 115- 126), deux romans d’Assia Djebar qui « pose[nt] le problème de la falsification de la mémoire par les hommes » (p. 91) et qui ont permis à la romancière de revisiter l’Histoire, ses tensions et ses crises, en donnant la parole à des femmes inconnues, aphasiques, enfermées entre les murs de la tradition. Latifa Mohamed Sari aborde le recueil de nouvelles Oran, langue morte (p. 127-137) où Djebar devient encore une fois l’interprète des voix étouffées des femmes, de leurs blessures et souffrances. Dans sa contribution en anglais, Malika Hamda Boussoualim étudie un autre roman djebarien – Une femme sans sépulture , qui propose lui aussi une réécriture de l’histoire telle qu’elle apparaît dans la fiction masculine où l’on oublie souvent ou l’on explore insuffisamment le rôle détenu par les femmes à travers le temps (p. 139-149). Kahina Bouanane analyse l’écriture féminine et son impact dans le discours littéraire d’Assia Djebar et Malika Mokeddem , deux écrivaines maghrébines qui voient dans l’écriture un moyen de se libérer et de se retrouver (p. 151-158). Les contributions suivantes approfondissent différentes éléments de l’œuvre de Mokeddem. Chérifa Bakhouche Chebbah se penche sur la représentation féminine du désert dans le roman L’Interdite . Celui-ci est à la fois un espace inquiétant, cauchemardesque, symbolisant l’immobilité des gens et des traditions, et le lieu où se déroule une quête identitaire (p.161-170). Dalila Belkacem fait une approche du roman N’zid (p. 171-181), œuvre « d’une crise identitaire mais aussi celle de la quête d’une nouvelle identité » (p. 172) multiple, métissée. S’appuyant toujours sur l’œuvre de Malika Mokeddem, Zoubida Belaghoueg pose le problème du jaillissement de la création et de l’ itinéraire d’une vie où l’écriture signifie rechercher des mots, s’évader, errer, se libérer (p. 183-192). Nina Bouraoui est une autre écrivaine dont l’œuvre a été étudiée lors de ce colloque. Nahida Guelil nous présente la quête de l’identité féminine dans la différence de cette écrivaine se situant dans l’entre-deux, et celle de ses personnages, qui sont à l’image de leur créatrice (p. 193-205).
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