AGAPES FRANCOPHONES 2012
78 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 Ou encore : Voici maintenant la fin de l’histoire de Moussa et de notre courte, mais bien émouvante vie commune sous e soleil de la Méditerranée. (Istrati 1984, 457) Cet homme était “Capitaine” Mavromati, dont voici l’histoire : […] (Istrati 1997b, 324) Ce qui importe, pour l’homme aux désirs démesurés, c’est la lutte, la bataille qu’il livre à son sort pendant que ces désirs persistent : voilà toute la vie, la vie de rêveur. Je suis un de ces rêveurs. Et j’ai voulu jadis, entre tant d’autres désirs, atteindre aussi la terre française. Voici une de mes tentatives échouées, la plus belle. (Istrati, 1997b, 351-352) Au Caire, Adrien rencontre par hasard son ami, Stavro. Peu après, dans la chambre d’Adrien, Stavro intervient promptement : « seule la tristesse de mon état t’empêche de me demander la suite de Kyra, ou, mieux dit, l’histoire du petit Dragomir d’alors » (Istrati 1924, 147). Et l’histoire de Dragomir, devenu Stavro, commence à se dérouler. Mais le schéma situationnel le plus utilisé est celui de la réunion de plusieurs personnes. Réunions dans un bistrot, sur une terrasse, dans un atelier où les ouvriers discutent et se souviennent les péripéties vécues ou réunions à l’occasion d’une fête ou d’une cérémonie, comme celle de la noce de Tincoutsa, où Stavro raconte l’histoire du pope orthodoxe et du cocher qui enchaînait des jurons. – Ah ; nous ne pouvons pas jurer : c’est un péché. – Oui, c’est un péché, évidemment, approuvai-je, mais il a été absous par l’archevêque de Bucarest pour toute circonstance où l’on ne peut pas faire autrement. Le pope prit un air sceptique, mais les assistants crièrent : Comment ? Dites, comment ? Racontez ! – Eh bien, voici comment : un jour, l’archevêque de Bucarest devait se rendre dans une ville […]. (Istrati 1924, 59) Du point de vue discursif, ces schémas établissent des relations complexes avec le public. Placer l’acte de raconter en pleine réunion a comme conséquence de ménager une place du lecteur à côté des personnages. Toute réorganisation discursive ultérieure tient compte de cette place. Autres contextes envisagent une relation avec le lecteur qui se trouve dans un autre espace, au delà du livre. La relation communicationnelle se réalise différemment. Le lecteur est entraîné dans un dialogue soutenu, comme celui qu’Istrati met entre deux larges parenthèses discursives: («“Est-ce à si peu de chose que vous me préparez depuis un moment ?” dira tel lecteur. – Oui, mon ami. C’est pour en arriver là que je vous prépare. Mais quand cela n’est pas une fiction littéraire, quand c’est la vie même – vie belle, vie laide,
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=