AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 79 vie féroce –, croyez-vous que c’est peu de chose ? […] ») (Istrati 1997b, 143). Plusieurs répliques imaginaires interrompent la narration pour un commentaire d’auteur. Qu’est-ce qu’on refuse? Premièrement, on cultive peu les genres poétiques, le narratif est privilégié. Le choix fait sens. La prédilection pour l’autobiographie oriente plus de ce côté. Le cycle d’Adrien Zograffi (Panait Istrati) a de forts liens avec la biographie de son auteur, même situation dans La cuisse de Kafka (Maria Mailat), ou Cuvântul Nisiparni ţă , Le Mot Sablier (Dumitru Tsepeneag). Si pour les deux premiers le filon autobiographique concerne le personnage, le dernier se focalise sur le parcours linguistique de la langue maternelle vers la langue d’accueil, la langue de création litéraire, le français. Alors, le statut des sujets énonçants est étroitement lié à une activité d’auto-investigation et d’explication. Leurs textes apparaissent comme des témoignages d’un devenir (devenir de l’être humain – Maria Mailat, La cuisse de Kafka, ou de l’œuvre – Cuvântul Nisiparni ţă , Le Mot Sablier, Dumitru Tsepeneag), le genre discursif prépondérant est le récit de vie. Le rituel et les conditions génériques apriori de ce genre impliquent une énonciation d’habitude à la première personne. Deuxièmement, nous constatons qu’on refuse toutes sortes de règles. 1) D’abord on refuse les normes orthographiques, comme le fait Dumitru Tsepeneag, dont le texte compose une calligraphie de la page : il y a de bons passages dit d’une voix timide Anne Faure juste au moment où Paul fait sa réapparition de bons passages il y en a certainement : ce n’est pas le talent qui manque à notre auteur mais quoi donc demande Alain désespérément une conception esthétique solide je veux dire cohérente. prenons le nouveau roman quel roman dans le cas du nouveau roman on peut parler d’une esthétique comment dire claire : discutable mais formulable (Tsepeneag 1994, 63-64) Au-delà de l’organisation de la mise en page conforme aux intentions il y a une sollicitation permanente du lecteur, beaucoup plus engagé et plus coopérant que pour un autre type de texte. 2) Ensuite, on s’éloigne des contraintes imposées par le genre. Par exemple, Dumitru Tsepeneag propose un genre auctorial « roman de gare » et construit ainsi une identité discursive qui garde en mémoire un schéma qu’il transforme ensuite et exploite.

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