AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 81 1991, 155). Toujours selon Gérard Genette (cité par Maingueneau 1991, 155), la transformation, comme pratique hypertextuelle, déforme l’hypotexte, pendant que l’imitation, autre pratique, se place du côté du pastiche et du faux. Ce qui est, chez Genette, transformation, devient chez Maingueneau réinvestissement (1991, 155). Sans trop insister sur le résultat du réinvestissement (captation ou subversion, Maingueneau 1991, 155) nous nous arrêtons au processus même, aux pratiques textuelles qu’il met en fonction. Si les textes de Panait Istrati (nommés « récits ») sont programmés comme pièces d’un cycle, cela prouve que l’auteur a dans la mémoire l’image des règles d’un cycle d’œuvres avec des personnages qui réapparaissent, des histoires qui se croisent, une durée chronologique importante et un ample déplacement spatial. Les récits d’Adrien Zograffi, sous titre annoncé sur la couverture, doivent suivre un plan, forme d’aide mémoire textuel, annoncé dans la préface de Kyra-Kyralina . Adrien Zograffi n’est, pour le moment, qu’un jeune homme qui aime l’Orient. C’est un autodidacte qui trouve la Sorbonne où il peut. Il vit, il rêve, il désire bien des choses. Plus tard, il osera dire que bien des choses sont mal faites par les hommes et par le créateur. [...]En attendant son histoire il ne fait en ce moment qu’écouter les histoires des autres. Écoutons avec lui, si vous le voulez bien. (Istrati, 1924, préface) L’histoire de la vie d’Adrien Zograffi, en un demi-douzaine de volumes, aurait dû constituer, à l’origine, toute mon œuvre. Une œuvre littéraire doublée d’un témoignage d’homme mûr. (Istrati, 1984, préface) Mais le plan échoue : […] je laissai échapper de mes mains mon fil d’Ariane et je m’égarai dans un labyrinthe d’histoires merveilleuses. Quand je voulus revenir à mon Adrien Zograffi, à son existence véridique ou vraisemblable, je m’aperçus que la flûte était fêlée : mon Mikhaïl plaida mal sa grande cause, l’amitié. J’embrouillais la réalité et le rêve. Manquais- je de souffle ? Je tâchais de m’en convaincre : je chantais Nerrantsoula et Les Chardons de Baragan , et j’en fus applaudi. (Istrati 1984, 7-8). Oana Orlea propose un genre court, comme nous l’avons déjà dit, à disposition énonciative efficace, la « rencontre ». Rencontres sur le fil du rasoir construit le schéma discursif et textuel de ce genre. 3) On refuse également les barrières « classiques » imposées par certaines dispositions énonciatives, par exemple celles créées dans l’espace du théâtre, comme le fait Le spectateur condamné à mort (Matéi Visniec) qui a comme indication pour le metteur en scène de veiller à ce qu’un spectateur prenne, par hasard, la place du « spectateur condamné à mort ».

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