AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 83 Le niveau intradiscursif Quelques phénomènes sont à observer : tout d’abord le ce mémoriel et le fonctionnement des anaphores en rapport direct avec la cohésion textuelle. Le ce mémoriel est un « démonstratif d’ouverture » (Maingueneau 2010, 247). Le ce sans antécédent implique l’obligation du lecteur de « trouver un centre déictique » ( Idem ). Ma mère n’a jamais voulu s’endetter d’un sou chez l’épicier, ni emprunter ces ‘ brassées de bois’, ou ces “tamis de farine de maïs” qu’on oublie toujours de rendre. (Istrati 1997b, 23) Au fait, elle [Nerrantsoula, personnage du récit homonyme, une adolescente orpheline, porteuse d’eau] paraissait tranquille. Sa démarche nonchalante ; le calme de ce bon visage de vierge : les bras (ces bras fermes comme deux serpents forts, ces bras durcis par les lourds seaux), qui pendaient dans un repos complet et tout ce corps pétri par une peine ingrate, tout cela m’effrayait et m’attirait. (Istrati 1997a, 34-35) Dominique Maingueneau considère que l’effet imposé par cette structure est la création de « l’empathie du lecteur à l’égard de ce centre déictique » ( Idem .). Associé à l’histoire de Nerrantsoula, le ce mémoriel (« ce bon visage », « ces bras fermes ») réussit à accentuer cette caractéristique - le « partage d’une expérience familière » (Maingueneau 2010, 248). Dans le premier exemple (« ces “brassées de bois”, ou ces “tamis de farine de maïs” ») il s’agit plutôt d’une empathie qui est « une preuve de connivence culturelle » ( Idem ). Cette connivence est encore plus accentuée dans le portrait suivant, qui mélange deux langues : […] à le voir affublé de cette caciula criblée, qui laisse passer les mèches coléreuses de son abondante chevelure ; de cet ibirbok en lambeaux, qui tient à peine sur son buste ;de ces nadragi aux multiples pièces, aux trous nombreux, offrant le spectacle de ses cuisses poilues, de ses genoux osseux et de son derrière peu convenable ; de ces obiélé qui lui font les jambes pareilles à des tronc d’arbres ; de ces opinci , enfin, qui ne lui protègent plus les pieds, parce qu’ils sont en loques. (Istrati 1997a, 138) Les phénomènes anaphoriques Ces phénomènes comprennent toute sorte de reprises, de simples reprises, sans valeur anaphorique ou des anaphoriques véritables: Les répétitions se font d’après le schéma ‘x........x’ comme dans : « La Rosa Rosen me raconter comment elle avait caché une poule dans leur baraquement d’Auschwitz. Le baraquement se situait sur une autre planète. À vrai dire, la Rosa Rosen ne le situait nulle part » (Mailat 2003, 79). La reprise construit une anaphore fidèle, comme dans ‘x......elle’, qui est une

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