AGAPES FRANCOPHONES 2012
88 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 Aborder ces questions, c’est tenter une aventure pleine d’écueils sur le plan conceptuel, qui peut relever d’une posture, dont la finalité reste incertaine. Actuellement, la communication a pris une ampleur considérable dont on ne peut occulter les dimensions tentaculaires. Avec la mondialisation des échanges commerciaux et la dynamique de la production des biens symboliques, elle est devenue, pour tous les acteurs sociaux, un enjeu géostratégique, car « désormais, les échanges marchands sont planétaires, et aucun pays ne leur échappe. La mondialisation s’effectue par une globalisation des marchés, y compris dans le domaine des biens culturels. » (Warnier, 1999, 41) Ce dernier aspect de la production implique nécessairement l’approche de l’interculturel, qui est au carrefour de la communication et des échanges symboliques. L’interculturel s’applique à « la reconnaissance de la culture de l’autre, en dehors d’un ethnocentrisme réducteur. »(Serghini, 2 ) Dans ce mouvement d’échanges, les codes culturels, les langues et les littératures s’enchevêtrent, tissent des liens et établissent des réseaux. Par ces contacts, ils permettent des arrangements ou des compromis, mais ils subissent également des tensions et des mutations qui débouchent sur des situations conflictuelles génératrices de malentendus ou de déchirures traumatisantes. Littérature : Identité/Altérité Il serait impensable de poser la problématique de l’altérité en littérature, sans référence à la question de l’identité. Seulement, cette dernière question qui suppose plusieurs approches (philosophique, psychologique et anthropologique) exige un examen approfondi. Mais tout d’abord quel est l’apport de l’approche interculturelle dans la question de l’identité ? Ce qui est sûr, qu’on ne peut répondre à cette interrogation qu’en prenant en compte le contexte actuel qui est régi par un foisonnement vertigineux des formes d’expressions, très différentes et très diversifiées, et par la circulation effrayante des systèmes symboliques. Les cultures, dont les littératures font partie sans aucun doute, étant par définition singulières, les unes par rapport aux autres, elles oscillent entre l’ouverture sur ce qu’elles admettent, comprennent et partagent, et la fermeture envers ce qui leur échappe. Les deux attitudes sont modulées par l’Histoire, l’actualité et les idéologies dominantes dans chaque pays, voire dans chaque culture. Mais dans tout contact interculturel, il y a une recherche de la reconnaissance, celle-ci est l’élément clé dans tout débat autour de cette question, car « toute reconnaissance suppose l’Autre dans ses dimensions coopératives ou conflictuelles, voire dans sa diversité. »(Affaya, 143) Il serait plus juste, dans cette démarche, d’aborder l’interculturel dans un contexte d’échanges inégaux entre les différentes cultures, et également à l’ombre d’une identité fluctuante, voire en quête de soi. Dans
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