AGAPES FRANCOPHONES 2013
Dima HAMDAN Université Libanaise de Beyrouth, Liban 130 7 Todorov ( Mikhaïl Bakhtine. Le principe dialogique 1981, 146) écrit que Bakhtine emploie ce terme « au sens complémentaire à celui d’“ingrédients”, pour désigner les éléments de la conscience qui lui sont extérieurs, mais néanmoins indispensables à son parachèvement, à sa constitution en totalité ». sortir, ce « contre-espace » – pour emprunter le terme à Stétié ( Le nibbio 196) – im- plié , invisible ? Comment apparaît la nouvelle dimension de la conscience dans la perception de l’altérité ? C’est le voyage comme transculture que nous allons dé- couvrir dans des images où se croisent la culture du Sujet avec la culture de l’Objet lesquelles convergent vers une 3 e force, le cosmique. Transgrédients 7 culturels Dans Kyôto retentit la dynamique du tiers inclus : on se rappelle Michel Random (22) qui soutient l’idée qu’« aucun processus binaire n’existe en réel. Tous les pro- cessus sont ternaires : une 3 e force se manifeste, déterminant le dynamisme propre à l’ensemble ». Pour étudier l’avènement de la 3 e culture, nous insisterons sur les élé- ments culturels qui n’appartiennent ni à celle du Je, ni à celle de Tu, mais qui sont à la source de la connaissance originelle. Ce sont des « transgrédients » nécessaires pour la traversée de l’Autre. Stétié adopte une logique axiologique relative aux va- leurs et une logique déontique, révélant que le voyage est l’acte de produire une culture nouvelle, cosmique et essentielle . Au « tiers inclus » revient d’éduquer le regard au principe de la mutation, en vue de passer outre la binarité qui caractérise les niveaux de réalité. Ces niveaux con- cernent « tous les secteurs de notre réalité, dans la mesure où pratiquement tous reposent encore sur des structures dualistes » (Todorov 20). Nous examinerons le dualisme topographique de Kyôto et l’aspect binaire des jardins, comme nous insis- terons sur la façon dont le voyageur dépasse la dualité caractéristique dumonde des apparences. Kyôto : ville-cosmos Kyôto est une ville-monde. De microcosme qu’elle est aumacrocosme qu’elle va de- venir sous le regard du voyageur, elle va être enrichie de transgrédients culturels. La ville va se dénuder et se dénaturer pour être intégrée dans un espace, autre. Nous sommes en plein contexte de la conception de Husserl et de Merleau-Ponty de la structure d’horizon. L’espace géographique est ressenti comme le lieu de connexion entre le visible et l’invisible. En effet, Kyôto est une ville construite selon une discipline rigoureuse et c’est ce qui crée son mystère. Ce mystère provient de son dualisme. D’une part, Kyôto a été cible des conflits internes, par exemple la famille impériale scindée au XIII e siècle le montre bien ; comme elle a été objet de tensions avec la société internationale au XX e siècle. Guerres et incendies l’ont ravagée à travers l’Histoire. D’autre part, la ville est ivre de son calmemillénaire. Stétié livre des précisions topographiques rela- tives aux différentes directions en fonction desquelles la ville est construite : l’inté- rieur où fut construit l’ancien palais impérial ; le sud où sont aménagés des jardins ; le nord et le nord-est où furent bâtis des sanctuaires ; l’ouest plein de jardins et le nord-ouest, espace des sanctuaires ( Kyôto 14–15). Mais il déclare l’impossibilité de voir tous ces lieux et il se contente d’aborder quelques sites intéressants. Cependant,
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