AGAPES FRANCOPHONES 2013

Maria de Fátima OUTEIRINHO Université de Porto, Portugal, Institut de Littérature Comparée Margarida Losa 172 7 V. L’intérieur de la nuit (Miano 2005, 56, 82), Les aubes écarlates (Miano 2009, 159). 8 Surtout ces expressions reviennent dans Contours du jour qui vient (Miano 2006, 48, 69, 71,).V. aussi (Miano 2009, 170, 267). 9 V. (Miano 2006, 211) et (Miano 2009, 157, 210). 10 V. (Miano, 2005 : 213). ses projets par Wandat Nicot, dans un entretien de 2008 pour la revue Amina , LéonoraMiano affirmait : «Mes projets les plus immédiats sont pour le printemps : un recueil de nouvelles auquel je tiens beaucoup, qui paraîtra dans une collection parascolaire car je veux garder un lien avec les jeunes lecteurs et proposer aux ensei- gnants de France un support sur lequel travailler. » (Miano apud Nicot 2008) De fait, Afropean Soul et autres nouvelles surgit chez Flammarion, dans sa collection parascolaire «EtonnantsClassiques » et recèle un ensemble de nouvelles, un dossier sur l’auteure avec des outils pédagogiques adressés aux classes de secondaire. Sur le site de Flammarion on peut lire : À travers les récits que regroupe cette édition, Léonora Miano nous livre un re- gard très personnel sur la France. De ses mots précis, acérés et parfois amers, elle évoque l’immigration, la précarité, la délinquance, et s’interroge sur les no- tions d’identité et de nation : autant de sujets d’une actualité brûlante, qu’il pa- raît important d’aborder avec les élèves pour leur permettre d’en comprendre les différents enjeux. Ces textes engagés s’adressent aux classes de 2nde, pour l’étude de la nouvelle et de l’argumentation. Même si les thématiques traversant l’ouvrage de LéonoraMiano sont ancrées sur des idées empruntées à lamusique, ouvrant un nouveau espace de créativité, unemodu- lation générique nouvelle, et étant donc signe d’un déplacement, notre approche portera tout particulièrement sur la topique du déplacement décliné sous la forme de la migration, de l’exil, du retour au pays natal. En prise avec le monde, les textes de Miano travaillent et sur des tranches de vie, des récits de vie, et sur des récits qui ont trait à un peuple, à un collectif ciblé, liés à un décor africain, situé en Afrique ou bien en Europe, mais visant toujours témoigner de l’humain. Si dans L’intérieur de la nuit, Contours du jour qui vient ou Les aubes écarlates, trilogie aux intrigues situées en Afrique subsaharienne, après les indépendances, surviennent des questions telles que l’émigration justifié par la misère 7 , où faire la France 8 , gagner l’Europe devient un but à atteindre, il est surtout question de reven- dication d’une mémoire 9 , de prise de responsabilité de la part de l’Afrique dans le cours de l’Histoire 10 . Pour les protagonistes de ces ouvrages, il s’agit alors de voyage intérieur ancré dans ce besoin de déplacement de perspective africaine habituelle. De fait, dans Les aubes écarlates on peut bien lire : Chasser la honte, c’était se faire l’obligation d’accepter ce qu’on était devenu, et qu’on peinait encore à définir. On refusait de se dire mêlé de colon et de colo- nisé, de négrier et de déporté, d’Occidental et de Continental. Ce refus empêchait l’éclosion d’un être neuf, somme de toutes les douleurs et, en tant que tel, déten- teur d’impossibles insoupçonnés. On tournait le dos à la responsabilité primor- diale des humains : celle de valoriser leur propre existence. (Miano 2009, 139) Les aubes écarlates , dernier roman de cette trilogie, en plus de dire une mémoire et le rôle de la mémoire de la traite négrière, car « Qu’il soit fait clair pour tous que le

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