AGAPES FRANCOPHONES 2013
Fatos RAMA Université de Lorraine, France 192 Germain-en-Laye. Il s’étonna aussi des ressemblancesdes costumes des femmesmon- tagnardes albanaises avec les dessins des vases antiques de l’époque pélasgique qui s’inscrivent dans une continuité de cultures et qui le portent à s’exclamer : Quel était donc ce peuple, qui prenait un tel soin d’assurer le repos à ses morts, les ensevelissait avec tous les objets ou bijoux qui leur avaient appartenu et les transportait sur cette hauteur d’un accès si pénible? Les bijoux en bronze étaient vraisemblablement travaillés par lui, mais ceux d’argent et surtout les perles et cylindres des colliers sont parfois d’une finesse qui contraste avec l’ornementa- tion primitive et grossière des premiers. Venaient-ils d’une autre contrée, ce qui est probable ? Les avaient-ils apportés dans leur émigration? Où trouvaient-ils à se les procurer? La rareté des objets de fer est également, je le crois, un signe d’antiquité. (264) Il faut souligner que l’incertitude de certains sceptiques est due à l’état où se trou- vaient alors les études albanaises. Plus tard la linguistique va démontrer que la topo- nymie albanaise est loin de n’avoir que des origines slaves et que nombre de villes, villages, montagnes et vallées portaient des noms que l’Albanais a tout naturelle- ment hérité d’une époque lointaine, antérieure à celle de l’arrivée des Slaves dans les Balkans. L’Albanais, son territoire et son portrait En ce qui concerne l’Albanie, du XIX e siècle, celle-ci faisant à cette époque partie de l’Empire ottoman. Un grand nombre de voyageurs s’occupent de l’étendue territo- riale de l’Albanie. Selon eux, elle est divisée en deux : la Haute Albanie, dont la capitale est Scutari et la Basse-Albanie, ayant pour capitale Jannina. D’une manière directe ou indirecte la plupart d’entre eux essaient de décrire en grand ligne les fron- tières de l’Albanie. Pour définir l’Ouest ils n’ont aucune difficulté : du plateau de Struga, Tetovo, Prizren et Peja, jusqu’à la mer Adriatique et Jon, toute cette partie était habitée par des Albanais. (Boué 1840, 13). La question devenait plus complexe concernant les trois autres points cardinaux, où ce peuple se mélangeait avec les grecques, bulgares, serbes et monténégrins. Ainsi en partant de la structure natio- nale majoritaire qui habitait ces lieux, de la compacité territoriale, et des donnés recueillis sur le terrain, ils définissent l’Albanie dans ces frontières : au Sud : Vonica, Trikalla et Laris ; à l’Est : Folorina, Velesi, Vranja, Leskovski, au Nord : Nishi, Pro- kupla, Bjellopoja,Podgorica, à l’Ouest, la mer ionienne et l’adriatique. (Meylan 1885), (Poujade 1859), (Isembert, 1874). En se référant au portrait physique, la plupart de ces voyageurs font presque la même description donnée par Albert Dumont, dans le livre Le Balkan et l’Adria- tique : « L’Albanais a une parfaite distinction ; la tête petite, le nez fin, l’œil vif, ouvert en amande, le cou long, le corps maigre, les jambes hautes et nerveuses, il rappelle le type premier du Grec, tel que la sculpture archaïque l’a représenté sur les marbres d’Égine. »(282), ou la description faite par Robert Cyprien : L’albanais a les yeux petits, le regard droit et fixe, les sourcils minces, le nez effilé, la tête allongée, le front aplati, le cou très-long, la poitrine énormément bombée, le reste du corps maigre et nerveux. Doué d’une prodigieuse souplesse de muscles, il porte dans sa démarche et ses attitudes l’air un peu théâtral d’un athlète de l’antiquité (1844, 122)
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