AGAPES FRANCOPHONES 2013
Fatos RAMA Université de Lorraine, France 196 Les Albanais, ne sont pas des fanatiques religieux, mais ils croient aux esprits sur- naturels. Les djinns, génies du mal à figures horribles, les péris, fées bienfaisantes de laplus gracieuse apparence, se disputent, la satisfaction d’exercer leur pouvoir sur les hommes. Ils croient aussi aux mauvais œil. Voilà ce qu’on lit dans l’ouvre d’Au- guste Degrand : Musulmans et chrétiens croient aumauvais œil ; les premiers, pour en préserver leurs enfants, leur peignent entre les sourcils quelque signe rouge ou noir desti- né à frapper le regard de ceux qui ont ce fatal pouvoir ; de cette façon l’effet mal- faisant se porte sur la marque qui a attiré l’attention du mauvais œil et n’a pas d’influence. Les perles en verre bleu turquoise sont très propres à conjurer le mauvais œil : on en met aussi aux chevaux, aux bœufs. (1901, 288) La place de la femme dans la société Au XIX e siècle la place de la femme albanaise dans la famille et dans la société, comme presque tous les pays des Balkans, était très défavorable. Une partie des vo- yageurs qui se sont aventurés dans ces contrées, comme Pouqueville, Boué, Schnei- der, parlent avec regret de sa situation. Autres commeHecquard, Becker, s’efforcent à argumenter en comparant leur condition avec celles des femmes des pays civilisés, elles jouissent d’un grand respect en famille où elles sont considérées comme des maitresses absolues. La vérité est que les lois du Kanun , le manque des écoles, les conditions écono- miques pitoyables, défavorisent l’éducation et l’émancipation de la femme. Pendant c e siècle, un très petit nombre de jeunes filles vont à l’école primaire. Ainsi elles con- tinuent à vivre dans l’obscurité, l’ignorance et l’analphabétisme. Une telle situation stimulait encore plus l’inégalité entre hommes et femmes. Dans la mentalité de l’époque était forgée l’idée que la femme doit travailler aux champs, et que l’homme doit s’occuper de la guerre, de la chasse. Voici comme décrit la situation de la femme Edouard Schneider : « elle fait tout le travail duménage, ha- bille sonmari et ses enfants, soigne les bêtes et moissonne. Elle est la déesse, lamai- tresse de lamaison, comme l’homme est le dieu, le maitre de lamaison » (1894, 148) Vu que la plupart du temps, elles n’ont pas l’occasion de faire tout le travail « les femmes albanaises ne sont que les esclaves de leurs maris et sont obligées dès leur enfance à des travaux si fatigants qu’elles sont flétries et ridées de très bonne heure et ont des teints aussi basanés que leurs maris. »(Boué 1840, 75) Il arrive souvent que les femmes albanaises subissent des violences physiques, chose que les voyageurs français ne cessent de remarquer « le mari peut battre la femme pourvu toutefois qu’il y ait pas effusion de sang. » (Hecquard 1858, 385). Et même quand il s’agit de question d’héritage, elle n’est pas concernée. Il faut dire que les voyageurs français ont dédié une grande partie de leurs im- pressions à la femme albanaise, chose qui mérite un article à part, parce que sa con- dition reflète l’émancipation d’une société entière. Conclusion Le XIX e sièclemontre sans doute l’intérêt des français pour connaitre et étudier l’Al- banie et les Albanais sous plusieurs aspects. A travers leurs témoignages ils se sont appuyés sur des documents afin d’analyser les traits qui caractérisent ce peuple, sa langue, son origine, ses coutumes, sa vie sociale, toujours dans un souci d’objectivité.
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=