AGAPES FRANCOPHONES 2013

Trond Kruke SALBERG Université d’Oslo, Norvège 200 1 « Ebenso große Willkür herrscht in der Vertauschung von formelhaften, gleiches bedeut- endenAusdrückenundhäufigwiederkehrendenWendungen»–« Il y a aussi beaucoupd’arbi- traire dans l’échange d’expressions qui ont le caractère de formules et qui ont le même sens et dans l’échanged’expressions que reviennent souvent » (AdolfRambeau, 23 ; notre traduction). 2 Pour ce qui concerne nos projets d’édition en général et l’importance de la question des as- sonances problématiques pour cette question, nous nous contentons ici de nous référer aux prolégomènes que nous avons publiés déjà, voir la Bibliographie. Les travaux I, II et IV dans cette série de prolégomènes traitent de questions qui ne sont pas liées au problème des asso- nances. Notons en passant qu’on trouve une édition préliminaire de l’Istoire , avec les leçons des manuscrits, une Introduction et un Index sur ma page de la version en langue anglaise du site de mon département à l’Université d’Oslo : http://www.hf.uio.no/ilos/english/ Cherchez « People / Find staff and students », écrivez mon nom et cliquez sur « Search ». Vous trouvez une page avec ma photo, cliquez sur mon nom (la version écrite en bleu). Vous trouvez une page avec, dans la colonne à droite, des liens (« links ») qui vous donnent accès aux do- cuments. Lisez d’abord l’Introduction. Si on a des problèmes, on peut me contacter par cour- riel : t.k.salberg@ilos.uio.no . 3 C.-à-d. le e qui vient d’un a tonique libre du latin vulgaire qui n’était pas précédé d’une palatale. Il y a deux autres e dans les assonances du Roland d’Oxford : [e] (> e étroit tonique entravé du latin vulgaire) se trouve dans la seule laisse CXXI (variante féminine) ; [ε] (> e ouvert tonique entravé du latin vulgaire) se trouve dans les laisses CVIII, CLXVIII, CCXXXIII très souvent il y a entre celui qui écrit et celui qui lit toute une série d’intermédi- aires : maisons d’édition, imprimeurs, éditeurs, etc. L’Importance de ces instances intermédiaires est particulièrement évidente quand il s’agit des textes qui viennent à nous d’un passé lointain. Entre le manuscrit ou l’inscription et le document im- primé que rencontre la quasi-totalité des lecteurs modernes il y a un processus et un travail qui implique qu’on fait un certain nombre de choix souvent fort probléma- tiques. Cela est vrai même quand on a affaire à un texte dont il n’existe qu’une seule copie ancienne. Car si on veut faire autre chose qu’une édition purement diploma- tique, il faut faire face à la possibilité que la copie ne contient pas seulement des difficultés qu’il faut expliquer, mais aussi des erreurs qu’il faut corriger. Même les éditeurs les plus modestes et les plus prudents acceptent cela en principe. Or – jus- qu’où faut-il aller en corrigeant, dans quelle mesure a-t-on le droit de le faire ? Concrètement, il va s’agir aujourd’hui d’un type d’imperfections formelles que beaucoup d’éditeurs modernes pensent trouver dans certains textes narratifs de la littérature française ancienne. Car ces textes sont généralement en vers, et la ver- sification des plus anciens d’entre eux est, comme on le sait, basée sur l’assonance. Cette contribution est en fait la quatrième d’une série de travaux où j’examine les as- sonancesproblématiquesqu’on trouvedans la ChansondeRoland dumanuscrit d’Ox- ford et dans les autres chansons de geste. Je pense que les irrégularités qu’on observe dans lesmanuscrits sont essentiellement dues àdes scribes négligents et qu’il est donc souvent légitimede corriger. J’examine les raisonnements dugrandromanisteJoseph Bédier sur ce point. Bédier pense qu’il faut en général faire confiance aux manuscrits, notamment à celui d’Oxford. Mais les vers qui sont problématiques du point de vue de l’assonance le sont souvent aussi pour d’autres raisons (parfois sémantiques, très sou- vent métriques). Les irrégularités impliquent souvent des locutions fréquentes qu’un scribe aurait pu introduire par négligence : on confond as armes et as helmes , cheva- lier oneste et chevaliermirable etc. 1 J’ai déjà parlé la distinction entre a oral et a nasal à l’assonance, de la distinction entre a et e ouvert et de la distinction entre e nasal et a nasal dans les laisses à assonance féminine 2 . Cette fois il s’agit de deux sons qui sont particulièrement fréquents comme porteurs de l’assonance, à savoir la voyelle é [e:] 3

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