AGAPES FRANCOPHONES 2013
Trond Kruke SALBERG Université d’Oslo, Norvège 204 11 Voir ms. V7, vers 683 et ms. C, vers 670. 12 Cette édition a en fait un statut problématique, voir la Bibliographie (note 103). 13 Desor ses piez est Rollant relevé (ms. V7, vers 3780) ; Desor ses piez est Rollant relevez (ms. C, vers 3676). 14 Vers 1461 et 3322. geant l’ordre des mots 11 : Se cest’ acorde otrier ne vulez . Ainsi on résout le problème « de la façon la plus facile et la plus acceptable », admet Bédier (1927, 282). Le deuxième vers traité par Bédier se trouve dans la laisse CLX. Celle-ci a une as- sonance en é , mais on lit aussi : Li quens Rollant i est remés a pied (vers 2163). Le vers correspondant du ms. V4 se termine de la même manière : Rollant li cont est remis a pé (vers 2306). Mais « tout rentre dans l’ordre », comme dit Bédier (1927, 282), si on change l’ordre des mots : Li quens Rollant a pied i est remés . Cette con- jecture remonte à l’édition de Konrad Hofmann qui date de 1866 12 , elle est dans une certaine mesure soutenue par les mss. V7 et C 13 . On peut noter aussi, comme le fait Short (54–55) que le texte d’Oxford a remés i est a piét dans la laisse suivante, c’est la fin du vers 2168. Un troisième cas très semblable se trouve dans la laisse CXCIX. Elle a une asso- nance en é , mais on a aussi : Li quens Rollant i fut remés, sis niés (vers 2775). En- core une fois on trouve la même irrégularité dans le ms. V4 : Li cont Rollant i e re- més, son né (vers 2964). Hofmann corrige de la manière qu’on a vu : Li quens Rol- lant, sis niés, i fut remés . C’est une pure conjecture, mais Bédier admet qu’il s’agit là d’une « retouche très simple » (1927, 282). Le quatrième vers évoqué par Bédier représente cependant un problème d’un type différent. La laisse CCXLIV a une assonance féminine en ié , mais on lit aussi : La bataille est mult dure e afich[i]ée Unc einz ne puis ne fut si fort ajustée (vers 3393–94). Les autres versions qui nous intéressent sont les suivantes : Batailla est fort e adurée Uncha mai tel hon vide jostée (ms. V4, vers 3560–61). La bataille est et fiere et enforcie Jusqu’a la nuit n’en fut fins otroïe (ms. P, vers 4093–94) Bataille aron forte et adurée : Jucqu’a la nuit ne sera mes finee (ms. T, vers 3003–4) Bédier remarque qu’on retrouve l’emploi de ajustée avec bataille dans deux autres passages du ms. O 14 : ce sont des passages où l’assonance n’est pas problématique. « N’y a-t-il pas, écrit-il, dans ces deux exemples du même mot de quoi établir l’opi- nion que le troisième doit être attribué, lui aussi, au poète lui-même [...] ? » (1927, 283) – Je pense cependant qu’il est nécessaire de renverser cet argument. C’est pré- cisément parce que le scribe a déjà deux fois écrit ajustée avec bataille qu’il le fait par erreur une troisième fois. Car il est en tout cas clair que le texte du ms. O est fau- tif ici : le vers est hypermétrique – fait que Bédier, ainsi que Cesare Segre (2001, 467), passe complètement sous silence. Il est, comme je l’ai déjà souligné, essentiel de noter que les vers qui ont une mauvaise assonance sont souvent problématiques pour une autre raison aussi. –Hofmann propose une correction qui ne prend pas en considération la distinction entre les deux assonances qui nous intéressent : ne fut tel ajustée . Cette solution s’inspire à la fois du vers 3561 dums. V4 et de l’emploi des
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