AGAPES FRANCOPHONES 2013
Trond Kruke SALBERG Université d’Oslo, Norvège 206 22 Jean-Charles Poncelin de La Roche-Tilhac, Choix d’anecdotes, anciennes et modernes, ou Recueil choisi de traits d’histoires , tome V, p. 2. En utilisant la Toile, il est facile de trouver cette anecdote ailleurs. 23 2001, 466 ; notre traduction. 24 Branche VIII, chapitre 7 ; éd. Unger, p. 492–93 ; éd. Bjarni, t. III, p. 787 ; trad. p. 765. 25 Et par le norvégien avec le sens « valet de ferme ». 26 Il est cependant juste d’ajouter, comme le fait Rambeau (21) que le chevaler du vers 1547 de la Chanson devient aussi un dreng dans la Saga (branche VIII, chapitre 27 ; éd. Unger, p. 513 ; éd. Bjarni, t. III, p. 822 ; trad. p. 793), mais cheval(i)er est ailleurs rendu par d’autres mots. La valeur sémantique de dreng en norrois peut sans doute être comparée à celle de en- fant en ancien français. (Dans l’ancienne numérotation du texte du ms. O, le vers 1547 est le vers 1504.) 27 Ce fait est noté par Rambeau (21). (Remarquons que notrems. T[rinity] est pour Rambeau le ms. C[ambridge], tandis que notre ms. C[hâteauroux] est pour lui le ms. V[ersailles] ; pour Foerster, 1878, 163n1, notre ms. V4 est V, notre ms. C est Vs, notre ms. V7 est Vz et notre ms. T est C.) 28 E son uberg ronpu e desmaillé (vers 2301). leur disoit-il, en les voyant un peu émus, qu’est-ce que c’est ? du canon ? Eh bien ! ça tue, ça tue, voilà tout 22 . Segre affirme que « dans le ms. O, comme le signale le Glossaire de Foulet, bacheler signifie seulement “jeune noble” » 23 et Bédier affirme que bacheler est improbable parce que Ganelon « s’adresse aux vieux aussi bien qu’aux jeunes » (1927, 284). Je pense qu’il faut supposer que Ganelon ne pensait nullement à l’âge de ses hommes – pas plus que M. de Saint-Pern. L’autre argument qui parle pour la correction de chevalier en bacheler est présenté par Rambeau (21 et 126) ; il s’agit de la phrase de la Karlamagnús saga qui correspond au vers problématique : betra er at ek deyja einn, mieux est que je meure seul, en svá margr góðr drengr sé drepinn 24 . que tant maint bon garçon soit tué. Le mot dreng , conservé par le danois moderne avec le sens « garçon » 25 , correspond très bien à bacheler 26 . Bédier nementionne pas dans ce contexte la version norroise. Le sixième cas évoqué par Bédier est très proche du vers que je viens de traiter. La laisse CCIV a une assonance en é , mais il y a une exception : Si se vanterent mi vaillant chevalier (vers 2861). Le vers correspondant du ms. V4 se termine par le mêmemot : La sa vantome baron çivaler (vers 3044). Loeschhorn (25–26) et Paris (101) ont proposé en 1873 de corriger en bacheler ici aussi. Il est vrai que l’argument proposé par Loeschhorn – le vanter serait surtout l’affaire des bacheler – est assez faible. Mais on peut noter qu’il y a deux manuscrits où le vers correspondant se ter- mine d’une manière qui correspond à la correction proposée : La y erent logiez ycil bacheler (ms. T, vers 2431) 27 ; La sentoient cil legier bacheler (fragment b, vers 124). Le dernier des sept cas où une leçon problématique du ms. O est confirmée par le ms. V4 et que Bédier met pour cette raison au début de son examen du problème concerne la laisse CLX. Cette laisse a une assonance en é , mais on lit aussi : E sun os- berc rumput et desmail[i]ét (vers 2158). Ici, plusieurs autres manuscrits suivent les mss. O et V4 28 , deux manuscrits seulement ont une bonne assonance : le ms. P a Et ses haubers desromps e depanez (vers 2454) et le ms. T a Son haubert fut fraint et
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