AGAPES FRANCOPHONES 2013
Prolégomènes pour une édition de l’Istoire d’Ogier le redouté (B.N. f.fr . 1583). VII : L’assonance problématique ié / é dans les la Chanson de Roland et ailleurs 209 41 En France, ad Ais, s’en deit ben repair[i]er. 42 « Nú hefir þú hér verit 7 vetr, ok er þér nú mál at fara aptr til Frakklands » (branche VIII, chapitre 4, éd. Unger, p. 487, éd. Bjarni, tome III, p. 776) – « Tu as passé ici sept années et il est maintenant temps pour toi de rentrer en France. » (trad. p. 757) 43 Segre défend la leçon du ms. O en affirmant qu’elle « rentre dans une solide série de lieux semblables » (2001, 465 ; notre traduction) ; il se réfère aux vers 88, 568, 699 et 3459. L’ar- gument me semble faible. 44 Boehmer met dans son édition livriet ; dans son article (603) il défend cette leçon par un raisonnement qu’on peut se passer de rendre : l’essentiel est qu’on ne trouve pas * livrier ailleurs. 45 Il dit par erreur « [Zeile] 530 » pour 520. 46 Cette leçon est d’une certaine manière soutenue par le ms. V4 : Gayno, cri por ver (vers 429). Paris (99) approuve la correction. 47 Vers 1782. 48 Vers 2952. 49 Vers 2912. 50 Vers 790. 51 Vers 1627. 52 Le ms. T a detrench[i]er (vers 1163), ce qui est en principe aussi une bonne solution. l’assonance en ié . Les huit premiers cas sont peu problématiques, Bédier admet qu’on peut les rendre réguliers « au prix de retouches très légères » (1927, 287). i) La laisse IX a une assonance en é , mais on lit aussi : En France, ad Ais, devez bien repair[i]er (vers 135). Gautier corrige par conjecture en changeant l’ordre des mots : bien repair[i]er devez . Loeschhorn (25) corrige d’après le ms. C qui a poez bien reposer (vers 159). Rambeau (21–22 et 128–29), qui suppose que repairier est dû à l’influence du vers 36 41 , suit le ms. V7 : poez bien retorner (vers 162), une leçon qui est soutenue par la Karlamagnús saga 42 . C’est la solution que je préfère. ii) La laisse XXXVI a une assonance en ié , mais on lit aussi : Mult orguillos par- çuner i avrez (vers 474). Hofmann corrige par conjecture en Mult i avrez orguillos parçun[i]er . Boehmer préfère Mult orguillos i avrez parçun[i]er ; je préfère la solu- tion de Hofmann, car elle ne sépare pas l’adjectif du substantif 43 . iii) Dans la même laisse, on a aussi une autre irrégularité : El destre poign al paien l’ad livrét (vers 484). Le ms. V7 a l’a al paien fich[i]ez (vers 752), le ms. C a fu au paien fich[i]ez (vers 738). Le verbe fichier donne une bonne assonance, mais cet emploi est si curieux que Hofmann préfère corriger par conjecture en changeant l’ordre des mots : El destre poign l’ad livrét al paien 44 . iv) La laisse XL a une assonance en ié , mais on lit aussi : Ço dist Marsilies : Guenes, par veir sac[i]ez (vers 520). Boehmer (603) propose de remplacer sac[i]ez par un futur 45 , Rambeau (129) par un indicatif (il suppose que cet indicatif a le sens d’un impératif), mais ces solutionsme semblent peu plausibles. Il faut plutôt donner raison à Gautier qui corrige d’après le ms. V7 : Guenes, por voir creez (vers 820) et le ms. C : Guene, por voir creez (vers 804) 46 . L’expression se retrouve dans le ms. O au vers 692, comme le remarque Rambeau (23). v) La laisse CXXVII a une assonance en ié , mais il y a une irrégularité : De lur espees e ferir e capler (vers 1681). Hofmann corrige d’après les mss. V4 47 , C 48 , V7 49 , L 50 et P 51 en écrivant De lur espees ferir e capleier 52 . Rambeau (144n*) remarque que le verbe capleier se retrouve une fois ailleurs dans le ms. O (vers 3462).
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