AGAPES FRANCOPHONES 2013
Trond Kruke SALBERG Université d’Oslo, Norvège 210 53 La défense de laissét par Boehmer (603) n’est pas convaincante, on n’a pas laisser pour laissier avant la réduction analogique de ié en é dans les désinences de tous les verbes de la première conjugaison (voir ci-dessous). 54 Vers 2304. 55 Vers 1360. 56 Vers 2456. 57 Vers 1744. 58 C’est par erreur, comme le note Segre (2001, 461n5), que Bédier (1927, 287) inclut dans cette liste les mss. C et V7 ; le vers manque dans ces deux manuscrits. On comprend mal pour- quoi Bédier dit ici que la leçon préférée par Hofmann et d’autres est « conjecturale ». 59 Segre (2001, 463–64 ; cf. 1989, II, 273) ajoute un argument douteux, mais non pas entière- ment négligeable ; si on accepte au vers 2081 du ms. O la leçon des mss. V4 et C (c.-à-d. le vers 2224 du ms. V4 et le vers 3480 du ms. C) et si on accepte au vers 2161 du ms. O la leçon des mss. V4, L, P et T, on a une « correspondance parfaite » : dans les deux cas on a l’expres- sion geter mort à propos d’un cheval qui est tué sous un chevalier. 60 Vers 2568. 61 Vers 1589. 62 Vers 2728. 63 Vers 2048. 64 Un argument possible contre cette correction est le vers suivant : Vint i Gerart de Rossillon li fiers (ms. O, vers 797). Mais il est clair qu’il faut corriger en li vielz , cf. Karlamagnús saga , branche VIII, chapitre 16 (éd. Unger, p. 501 ; éd. Bjarni, tome III, p. 804 ; trad. p. 777) et ms. O, vers 2409 ; voir Rambeau, 141n*. 65 Ms. C, vers 2218 ; ms. V7, vers 2171 ; ms. P. vers 685 ; ms. T, vers 515 ; ms. L, vers 149 ; nous citons d’après le ms. C. vi) La laisse CLX a une assonance en é , mais on lit aussi: Desuz le cunte, si l’i unt mort laiss[i]ét (vers 2161) 53 . Hofmann corrige en mort getét d’après les mss. V4 54 , L 55 , P 56 et T 57 , 58 . Gautier corrige en fait verser . La correction de Hofmann n’a pas pour elle seulement les autres manuscrits, elle est aussi, comme le note Paris (101) « plus près du ms. [O] ». Segre remarque que laiss[i]ét est peut-être d’une « antici- pation automatique du laisent du vers suivant » et que « geter mort est fréquent dans [le ms. O de] la Chanson de Roland (vers 1341, 2038, 2995 3530) 59 . » (2001, 463 ; ma traduction) vii) La laisse CLXXVII a une assonance en ié , mais il y a une exception : Sansun li dux ? e Anseïs li bers ? (vers 2408) Hofmann corrige en li fiers d’après les mss. V4 60 , L 61 , P 62 et T 63 . Anseïs est li fiers aussi aux vers 105 et 796 du ms. O 64 . viii) La laisse CCIV a une assonance en é , mais on lit aussi : De granz batailles, de forz esturs plen[i]ers (vers 2862). Hofmann corrige en de forz esturs campels d’après le ms. V4 qui a de fort stormen çampler (vers 3045). Rambeau (126) re- marque que le ms. O a bataille campel au vers 3147. Il est évidemment possible qu’il y ait un lien avec le vers précédent (voir ci-dessus). Après ces huit corrections « irréprochables », Bédier passe aux « cinq cas plus difficiles » (1927, 287). I. La laisse XL a une assonance en é , mais il y a une irrégularité : Quant ert il mais recreanz d’osteier ? (vers 528) Loeschhorn (26) et Paris (109) remarquent la fausse assonance sans proposer de solution. Boehmer (608) pense qu’on peut remplacer osteier par osteler ; il se réfère à un vers d’un autre passage des mss. C, V7, P, T et L : L’arme s’en va en enfer osteler 65 . Il aurait en effet aussi bien pu citer un autre passage du ms. O : Les dis messages ad fait enz osteler (vers 160). Mais Rambeau (128) a raison quand il fait remarquer que osteler (« prendre logis, loger »)
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