AGAPES FRANCOPHONES 2013

Prolégomènes pour une édition de l’Istoire d’Ogier le redouté (B.N. f.fr . 1583). VII : L’assonance problématique ié / é dans les la Chanson de Roland et ailleurs 211 66 Notons une fâcheuse erreur chez Bédier : pour « p. 102–5 » (1927, 288, première ligne) lire « p. 106–7 ». 67 Segre suppose que Bédier n’a pas remarqué l’irrégularité parce qu’il a subi l’influence de Stengel dont le texte suggèrerait qu’il existait deux formes du substantif. Cela ne serait pas im- possible – on a bien iré à côté de irié, etc. (voir la note 10 ci-dessus). Or Segre a raison de souli- gner que cette « terminaison double » de mendist(i)éd est « improbable et non attestée. » (2001, 464 ; notre traduction) est sémantiquement impossible dans le contexte qui nous intéresse. Wendelin Foerster (1877, XXXVIn*) propose de joster ; tandis que Stengel s’inspire desmanu- scrits qui ont une bonne assonance : A Ais en France s’en deüst estre alez, Tant sejornast qe il fust repassez (ms. C, vers 813–14) ; Mais en France s’en deüst estre alez ; Tant sejornast que il fust reposez (ms. V7, vers 830–31) Ad Asia in França se dorave repolser (ms. V4, vers 438). On voit que deux vers des. mss. C et V7 correspondent à un vers dans les mss. O et V4. Stengel opte pour une version avec seulement un vers, il écrit Ad Ais en France s’en deüst reposer . Il me semble cependant que si l’on choisit d’écrire seulement un vers, il vaudrait mieux suivre V4 de plus près. J’écrirais Ad Ais en France se devreit reposer . Bédier (1927, 106–7 66 ) présente cependant une défense de la leçon du ms. O. Il note que les laisses XL à XLII forment un ensemble où la même chose est ra- contée trois fois – il s’agit là d’un phénomène qu’on retrouve plusieurs fois dans notre chanson. Un aspect de cet effet de répétition est qu’on a parfois trois phrases synonymes : Men escïent dous cenz anz ad passét (vers 524) ; Men escïentre dous cenz anz ad e mielz (vers 539) ; Mien escïentre plus ad de .II.C. anz (vers 552). Bé- dier pense que le vers qui nous intéresse fait partie d’un groupe semblable, son con- tenu est répété deux fois aussi : Quant ert il mais recreanz d’osteier ? (vers 543) ; Quant ier[t] il mais d’osteier recreant ? (vers 556). La version des mss. C, V7 et V4 serait donc due à une « intervention maladroite [qui] a détruit les rapports de sy- métrie calculés par le poète. » (1927, 107) Rambeau (128) note cependant que les deux premiers éléments dans cette triade supposée dums. O sont exactement iden- tiques ; cela est, comme le souligne Maurice Delbouille, contraire aux règles nor- males du « jeu pratiqué par le poète » (334n4). Delbouille a raison aussi quand il rappelle que les trois laisses similaires ne sont pas exactement parallèles, elles ne donnent pas précisément les mêmes informations. On peut ajouter que la version des autres manuscrits s’accorde mieux avec ce qui suit par rapport à la version du ms. O : Guenes respunt : Carles n’est mïe tels (vers 529). Cela est, certes, séman- tiquement possible comme réaction à ce qui précède, mais ce n’est pas non plus une réponse tout à fait naturelle à une question qui commence par Quant . Il convient d’insérer ici, me semble-t-il, quelques mots sur un vers que Bédier ne mentionne pas, mais qui a tôt été reconnu comme problématique. Il se trouve dans la même laisse que celui que je viens de traiter, il s’agit en effet de ce qui précède im- médiatement : Tanz riches reis cunduit amendist[i]éd (vers 527) 67 . Lapremière ten- tative de corriger semble être celle de Hofmann, il remplace mendist[i]éd par men- deier d’après le ms. V4 qui a conduit a mendiger (vers 437). Or cela est, comme le

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