AGAPES FRANCOPHONES 2013
Prolégomènes pour une édition de l’Istoire d’Ogier le redouté (B.N. f.fr . 1583). VII : L’assonance problématique ié / é dans les la Chanson de Roland et ailleurs 215 81 « ImGebrauch von Synonymen und ähnlichenWörtern zeigt die Überlieferung eine große Willkür. » (19 ; notre traduction) 82 Bédier ne mentionne pas une autre difficulté possible de cette laisse : E les orez, les mer- veillus tempez (vers 2534). Est-ce qu’il suppose qu’on puisse lire * tempiez ? Lems. V4 a tenper (vers 2725), le ms. P a tempiers (vers 2936). Hofmann écrit tempiers . 83 « Hofmann a [...] raison d’écarter justez de la fin du vers dans la laisse 287 [= notre laisse CCLXXX] et d’attacher le vers en question à la laisse précédente – rien que le refrain invite à faire cela. » – « Mit Recht entfernt [...] Hofmann auch Str[ophe] 287 [= unsere Tirade CCLXXX] justez vom Versende und fügt – wozu schon der Refrain veranlasst – die fragliche Zeile der vorigen Strophe hinzu. » (27; notre traduction) Mais qu’entend Loeschhorn par « re- frain » ? Le simple fait que le premier vers de la laisse CCLXXIX se termine par bataille ? 84 Dans son édition, Boehmer avait eu la mauvaise idée d’écrire j å istiet . Mais où a-t-on vu un verbe * joistier ? 85 Il cite l’argument concernant le « refrain » (voir la note 83 ci-dessus), mais sans que la chose devienne plus claire. 86 « au vers 3858, il faut mettre jugiet au lieu de justet , qui est inapproprié aussi pour ce qui concerne le sens » – « statt des auch dem Sinne nach unpassenden justet [ist] 3858 jugiet zu setzen » (603 ; notre traduction). 87 Ruggieri écrit par inadvertance « justez ». 88 «Questo “justez” del ms. di O. va evidentemente corretto in “jugiez”, poichè nonpuò essere che i due cavalieri siano considerati in procinto di combattere (tale sarebbe infatti qui il signi- ficato della frase, che torna, rettamente adoperata poco più giù, al v. 3874: “des dous baruns justee est la bataille”, mentre ancora debbono armarsi. » (81n1; notre traduction) le seul à avoir conservé la fin originelle du vers. Mais l’essentiel n’est pas là. C’est le fait qu’on a – dans le ms. O et ailleurs – deux verbes qui sont extraordinairement proches aussi bien en ce qui concerne la forme qu’en ce qui concerne le sens. Au cours d’une filiation complexe il me paraît entièrement plausible que guarder ait pu remplacer guaitier et vice versa plusieurs fois. Rambeau consacre quatre pages de son livre à la démonstration du fait qu’« Il y a beaucoup d’arbitraire dans la trans- mission des textes concernant l’emploi de synonymes et de mots semblables 81 , 82 . » V. Le dernier des cinq cas se trouve dans la laisse CCLXXX, qui a une assonance en ié . Elle commence cependant de la manière suivante : Puis que il sunt a bataille justez (vers 3858). Il est impossible de corriger ce vers autrement que par conjec- ture ; il faut « inventer de toutes pièces », comme dit Bédier (1927, 290). Il attire aussi l’attention sur la laisse suivante où on lit : Des dous baruns justée est la ba- taille (vers 3874). Pour avoir une bonne assonance, Hofmann change l’ordre des mots et attache le vers à la laisse précédente : Puis que il sunt justet à la bataille . Loeschhorn lui donne raison 83 , mais Boehmer (603) propose de remplacer le verbe juster – qui correspond au francien jo(u)ster (« réunir ») – par jugier 84 . Rambeau (153) suit Hofmann et Loeschhorn 85 , mais sans mentionner ce qui est en mon sens l’argument essentiel de Boehmer, à savoir que jugiét donne aussi un meilleur sens que justez 86 . On peut lire à ce propos ce que dit Ruggero M. Ruggieri : Ce « justez » du ms. O doit évidemment être corrigé en « jugiez », car les deux chevaliers ne peuvent pas être considérés comme étant sur le point de se battre (tel serait en effet ici le sens de la phrase, qui retourne, utilisé correctement un peu plus bas, au vers 3874 : « des dous baruns justee 87 est la bataille »), avant cela ils doivent s’armer 88 . Segre en tire une conclusion évidente quand il dit que la « comparaison avec [le vers] 3874 [...] peut, non pas justifier la leçon [du ms.] O, mais expliquer sa ge-
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