AGAPES FRANCOPHONES 2013
Trond Kruke SALBERG Université d’Oslo, Norvège 220 101 On pourrait songer à faire une qui ressemble à celle de Jenkins, mais qui évite les pires ex- centricités de cet éditeur. Je pense par exemple à l’idée qu’on aurait chevaler à côté de cheva- lier (voir la note 19 ci-dessus) et à l’idée qu’il aurait existé un verbe coper distinct de colper , couper ; voir Jenkins (36 et 106) et cf. Bédier (1927, 288) ; Segre pense cependant que l’indi- gnation que montre Bédier à ce propos est simplement une « diversion » (2001, 461) qui fait partie d’une « stratégie démonstrative » (2001, 460). plement que j’accepte la leçon d’unmanuscrit secondaire, parfois je corrige par pure conjecture. L’autre type de corrections concerne simplement les graphies. Les scribes hésitent entre chief et chef ; j’écris partout chief , non pas seulement à la fin des vers. Pour ce qui concerne la Chanson de Roland , je pense essentiellement que c’est une bonne chose que nous ayons plusieurs éditions, faites d’après des principes différents 101 . Joseph Bédier est en principe du même avis : Il est entendu qu’il en va de la Chanson de Roland comme des Pythiques de Pindare ou de la Poétique d’Aristote : quand la 1001 e édition en aura paru, elle en appellera d’elle-même une 1002 e , à la quelle quelques bons esprits préfére- ront peut-être la 999 e , si ce n’est la première. Certaines éditions d’un ouvrage il- lustre s’opposent en effet à certaines autres comme le noir au blanc, et cela parce qu’elles représentent chacune, outre le tempérament individuel de celui qui la procure, un ensemble de principes plus ou moins accrédités de son temps, par- fois des idola tribus , des modes, que les uns ont suivies, tandis que d’autres ré- agissent contre elles. Il est entendu que ce perpétuel renouvellement des points de vue de la critique est chose bonne et salutaire. (1938, 152–53) Je pense cependant qu’on peut discerner ici une certaine frustration. Le « perpétuel renouvellement » donne àBédier un profond sentiment demalaise. C’est sans doute pour cette raison – et non pas par simple à& ρις – qu’il déclare sur la page de titre même de son édition que celle-ci est « définitive ». Or, comme le dit Segre à la fin de son article de 2001, la riflessione filologica non ha mai fine : « la réflexion phi- lologique ne prend jamais fin » (468 ; notre traduction). Bibliographie APF = les Anciens Poëtes de la France BdLV = Bibliothek des literarischen Vereins in Stuttgart CFMA = les Classiques français du moyen âge EMRLL = Elliott Monographs in the Romance Languages and Literatures MFMA = Manuel du français du moyen âge PSFM = Pubblicazioni della Scuola di filologia moderna della Regia Università di Roma SATF = la Société des anciens textes français TLF = Textes Littéraires Français Alexandre de Bernay, voir Lambert le Tort. Alexandre de Paris, voir Alexandre de Bernay. Andresen, Hugo, Über den Einfluss von Metrum, Assonanz und Reim auf die Sprache der altfranzösischen Dichter [Sur l’influence du mètre, de l’assonance et de la rime sur la langue des anciens poètes français], Bonn, imprimé par Carl Georgi, 1874. Aliscans , éd. Claude Régnier, Honoré Champion, Paris, 1990, CFMA, 110 et 111. Bédier, Joseph, La Chanson de Roland (Commentaires) ou La Chanson de Roland com- mentée , Paris, H. Piazza, 1927.
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