AGAPES FRANCOPHONES 2013

Erica TACCHINO Universités de Gênes et de Nice Sophia Antipolis, Italie, France 242 Adélaïde Fassinou est née en 1955 au Bénin, pays autrefois appelé Dahomey. Lorsque beaucoup de nations africaines étaient encore rattachées à l’empire colonial français, ce pays a acquis son indépendance, bien avant (année 1960). L’auteur est originaire de Portonovo, ville d’où embarquaient les esclaves dans les siècles passés. Ses ouvrages ont été édités beaucoup plus récemment par rapport à ceux de la Camerounaise qui a commencé à écrire à l’âge de 23 ans ; par exemple Modukpè le rêve brisé (Fassinou, 2000a) et Yèmi ou le miracle de l’amour (Fassinou, 2000b) de la Béninoise ont été publiés en 2000, tandis que C’est le soleil qui m’a brûlée de Calixthe Beyala a été édité en 1987 et Tu t’appelleras Tanga5 en 1988, mais nous allons étudier l’un de ses derniers romans, Le roman de Pauline , édité en 2009. À présent, Adélaïde Fassinou est secrétaire générale de laCommission béninoise pour l’UNESCO. Etant très sensible aux problèmes de société, elle s’investit dans tous les domaines qui concernent l’amélioration de la vie des femmes et des enfants. En revanche, Calixthe Beyala est née en 1961 (une année après l’indépendance duCameroun), àDouala, importante ville portuaire et capitale économique dupays, de par ses activités commerciales et sa superficie. Romancière, C. Beyala est très connue dans l’espace francophone contemporain. Elle vit à Paris avec ses deux grands enfants et elle prend en charge dans son pays l’éducation d’une vingtaine d’enfants dont elle paye les frais de scolarité. En plus de ses activités caritatives, elle lutte dans le collectif des intellectuels pour une présence équitable dans les médias français pour lesminorités françaises d’origine étrangère. Nous tentons d’étudier les œuvres de deux auteures originaires du Sud, dont les pays sont situés au cœur de l’Afrique subsaharienne. De plus, nous allons remarquer aussi qu’Adélaïde Fassinou est restée fidèle à ses origines car elle travaille et vit au Bénin, alors que Calixthe Beyala a commencé sa carrière d’écrivaine enFrance, et pour cela, nous pourrions affirmer qu’il s’agit d’une auteure africaine « très occidentalisée ». Toutefois, elle n’oublie pas son pays, elle reste toujours très attachée à l’Afrique, car la plupart de ses histoires romanesques se déroulent au Cameroun ou entre la France et le Cameroun. Donc, dans les romans de ces deux écrivaines nous observons d’une manière ou d’une autre le thème du voyage, car les personnages de leurs livres se déplacent sou- vent dans leur pays et à l’étranger. Par conséquent, nous pourrions nous poser ces questions : «Dans quelle mesure ces déplacements consacrent la valeur du voyage en tant que rencontre avec l’Autre et en tant que formation? Quelle importance ont la langue et la culture des auteures à ce propos? » Pour répondre à ces questions nous allons analyser trois ouvrages des auteures présentées ci-dessus : Modukpè le rêve brisé, Yèmi ou le miracle de l’amour, Le roman de Pauline. Nous verrons que les «voyages»des personnages de ces romans peuvent être «internes» ou«externes» par rapport aux pays où ils se déplacent. Nous observons donc un certainmouvement : les transferts des personnages des villages aux villes et des villes aux villages donnent un certain dynamisme aux ouv- rages. En effet, parmi ces auteures africaines, aucune n’évite de raconter le passage de l’Afrique à l’Europe : par exemple, dans le premier roman de Fassinou, l’héroïne de l’histoire s’appelle Modukpè, elle vit son enfance dans un village où elle grandit dans un foyer polygame. D’abord, la jeune fille décrit les déplacements effectués pour se rendre à l’école : en effet, elle doit parcourir plusieurs kilomètres à pieds pour y aller : «Le soir, il fallait apprendre à la hâte les leçons du lendemain après avoir parcouru des kilomètres à pieds, chaque jour, pour aller rencontrer le savoir

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=