AGAPES FRANCOPHONES 2013
267 Une découverte bulgare du Nouveau monde Raïa Z AÏMOVA Institut d’Études balkaniques, Bulgarie Résumé. Les relations de voyage concernant un pays étranger et écrites par les Bulgares au XIX e siècle ne sont pas nombreuses. C’est vers la fin de ce même siècle apparaissent les premiers récits bulgares qui forment le genre de la littérature des voyages. L’objectif de la contribution est de présenter l’écrivain Aleko Konstantinov (1863–1897) qui entreprend deux voyages en Europe centrale et occidentale, et un troisième en Amérique (1893). La dé- couverte bulgare du Nouveau-Monde est étroitement liée au progrès industriel et s’oppose à la vie balkanique où le traditionnel et le moderne vont de pair. Dans le récit Jusqu’à Chicago et retour (1894) la curiosité de l’auteur détermine son désir de connaître un « autre » monde qui, dans certains cas, dépasse son imagination. Abstract. The travel accounts written by the Bulgarians in the nineteenth century are not exhaustive. The first Bulgarian stories laid the beginning of the genre of travel literature by the end of that century. The objective of the paper is to present the writer Aleko Konstan- tinov (1863–1897) undertaking two trips to Central and Western Europe and a third in America (1893). Bulgarian discovery of the New World is closely linked to industrial pro- gress and opposes the Balkan life where traditions and modernity go together. In the tra- velogue "To Chicago and Back" (1894) the curiosity of the author determines his desire to know the "other" world, in some cases, beyond his imagination. Mots-clés : Amérique, Bulgarie, voyages, découvertes, modernité Keywords : America, Bulgaria, voyages, discovery, modernity Pendant les années 1890 Aleko Konstantinov (1863–1897), issu d’une famille de richesmarchands de Svichtov, juriste et écrivain bulgare, entreprenddes voyages en Europe occidentale et en Amérique où il visite les Expositions universelles de Paris (1889), Prague (1891) et puis celle de Chicago. Ce sont les années après le traité de Berlin (1878), lorsque la Bulgarie, toujours vassale au sultan ottoman, entreprend l’organisation de son État moderne en profitant de l’expérience de l’Occident sous la tutelle de la Russie. Le rattrapage du temps perdu pendant les siècles de la domi- nation ottomane qui est caractéristique pour tous les domaines de la vie bulgare ne se fait pas sans crise. Pendant cette période – riche en évènements sociopolitiques internes et de nouvelles idées – on s’aperçoit de l’émergence de nouveaux courants littéraires. Grâce aux œuvres du « Patriarche de la littérature bulgare » Ivan Vazov (1850–1921) et d’Aleko Konstantinov le genre de la littérature des voyages y est formé. (Konstantinov 1998, 5–8) Le roman Baï Ganio - une œuvre satirique où l’humour malicieux, bien plus que le sarcasme, rend célèbre son auteur, Aleko Konstantinov. Le héros principal Baï Ganio (Oncle Ganjo) – dérivé plus ou moins de quelques individus de la vie réelle – parcourt les pays européens en pratiquant le commerce d’huile de rose et faisant figure d’un homme politique. Il apparaît d’abord comme personnage secondaire dans le récit de voyage Jusqu’à Chicago et retour (1894). Ce héros national, appa- raissant avec son cynisme, est souvent appelé le Tartarinbulgare. Il voyage beaucoup aussi bien que son auteur qui, la plume à la main décrit ces mêmes voyages hors des frontières nationales bulgares. (Konstantinov 1911; Konstantinov 2009)
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