AGAPES FRANCOPHONES 2013
Addenda, agenda, corrigenda… une invitation au voyage dans le monde des modalités déontiques 281 7 L’ « apparat savant » ou « scientifique » évoque l’idée de « préparation » ; il a des éléments « assez divers : citations, références et sources, notes en bas de page, introduction, texte en langue originale (en parallèle avec la traduction), commentaire historique ou philologique, index fontium (les sources), index nominum (les noms propres), index rerum (les thèmes), index verborum (les mots), bibliographie, liste des abréviations et sigles […] ‘’addenda et corrigenda’‘ [nous soulignons] (ajouts et corrections), tables des illustrations, tables des matières, etc. » (fr.wikipedia.org/Wiki/Apparat_savant ), site consulté le 25 août 2013). gende qui acquièrent, le long des siècles, une polysémie assez importante. Nous les avons introduits dans la troisième sous-classe. Leur « voyage » dans le temps les a fait perdre, pour des sens bien précis, le trait sémantiquemodal « obligation ». Cette perte peut mener assez loin, à la scission de la polysémie (dans le cas du mot lé- gende ) et à l’apparition d’un couple lexical homonymique. 2. Description sémantique des six mots du corpus Pour mieux suivre et comprendre les métamorphoses sémantiques subies par les mots que nous nous proposons d’analyser, nous allons présenter, dans ce qui suit, leur étymologie ainsi que leur interprétation sémantique, en insistant sur leur carac- tère mono- ou polysémique. Nous allons voir, à cette occasion, dans quelle mesure ces mots ont pu garder le trait sémantique « obligation ». 2.1. Addenda et corrigenda et l’apparat savant des livres A ddenda est un nommasculin < lat. addenda, adjectif verbal, genre neutre, pluriel, du verbe addère tr. d. « ajouter ». Le mot signifie « notes additionnelles à la fin d’un ouvrage » : (1) Déjeuner avec Michel (…) il me promet ses addenda et corrigenda, qu’il fait avec M. Frédéric Madden au Musée britannique (Michelet, in TLFi). Addenda est fréquemment associé à l’item corrigenda, signifiant « choses que l’on doit corriger ». Ce dernier est un nom qui vient de l’adjectif (genre neutre, pluriel) du verbe tr.d. corrigère « corriger ». Les deux mots de cette première sous-classe, attestés en français, depuis le XVIII e s, appartiennent à ce que les éditeurs et les experts en littérature appellent apparat savant 7 . 2.2. Mémorandum et référendum et la voie vers la polysémie Quand on se penche sur l’histoire des six mots qui constituent l’objet de notre recherche, mots marqués formellement par « le sceau » du sème modal [obligation de faire quelque chose], on peut étudier parallèlement les rapports entre la monosémie et la polysémie , d’une part, et entre la polysémie et l’homonymie , d’autre part. La polysémie n’est pas un accident, un phénomène marginal, un « défaut » de la langue, bien au contraire, c’est est une question centrale lorsqu’on cherche à décrire et à représenter le sémantisme des expressions lexicales. La polysémie est « un processus de dénomination régulier, économique, naturel, caractéristique des langues humaines. » (Kleiber 1990, 190, apud Mazaleyrat 2010, 52) Pour parler de polysémie, il y a deux conditions définitoires selon Kleiber (1999, 55) : « (i) une pluralité de sens liés à une seule forme ; (ii) des sens qui ne paraissent pas totalement disjoints, mais qui se trouvent unis par tel ou tel rapport ». Demême,
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