AGAPES FRANCOPHONES 2013

Eugenia ARJOCA IEREMIA Université de l’Ouest de Timişoara, Roumanie 282 8 Il se peut qu’en langue le mot soit monosémique et que dans ses emplois discursifs, il soit polysémique. 9 Telle est donc la situation en synchronie . En adoptant un point de vue diachronique , on peut parler pourtant de polysémie, car le mot désignait d’abord une simple note écrite dans le but de rendre possible le souvenir de quelque chose, et, parmétonymie , un « cahier […] où l’on note ce qu’on veut se rappeler ». ( TLFi) Cette signification est vieillie et hors d’usage, de sorte qu’on a remplacé mémorandum par ses synonymes : mémento, aide-mémoire. pourRécanati (1997, apudMazaleyrat, 2010, 11), deux sens sont apparentés s’ils sont à la fois « génétiquement reliés », c.à.d. sont issus du même étymon et « séman- tiquement reliés », c.à.d. ils ont des traits sémantiques identiques ou semblables. Dans l’analyse sémantique, il faut aussi prendre en considération le rapport entre signification en langue et sens en discours et il faut tenir compte de l’influence du contexte dans l’élaboration des définitions sémantiques. Memorandum est la forme neutre de memorandus « qui doit être rappelé »ad- jectif du verbe tr.d. memorare « rappeler qqch., lementionner ». Attesté en français à la fin du XVIII e siècle, ce mot désignait « un écrit rappelant (notamment en diplo- matie) un ensemble de renseignements essentiels sur un sujet donné ». (TLFi) Dans les dictionnaires actuels, ce terme indique un « document diplomatique comprenant l’exposé des faits et des arguments juridiques qui concernent les relations entre les États et qui pourront constituer l’objet de futurs pourparlers » : (2) Je crois qu’il n’existe pas dans l’histoire diplomatique du monde, un docu- ment plus féroce que le memorandum de M. de Bismarck (Goncourt, in TLFi ) Le terme peut être utilisé aussi dans le vocabulaire politique pour désigner un mé- moire sur l’état d’un certain fait ainsi que les doléances expresses, les requêtes d’un parti politique, d’un groupe ethnique : (3) Il semble nécessaire de faire établir par les ministres compétents un memo- randum donnant un aperçu complet de la situation politique (Joffre, in TLFi ) Dans le cas du lexème memorandum , peut-on parler de polysémie ? Pour donner une réponse juste à cette question, il faut distinguer, d’un côté, la synchronie de la diachronie, et la signification en langue de la polysémie discursive 8 (les sens dus à l’emploi dans le discours), de l’autre. Ainsi, en examinant les définitions de cet item dans les dictionnaires consultés, on arrive à isoler, au niveau de la signification en langue, un noyau sémantique unique, ayant les traits suivants : a) document ; b) officiel ; c) portant sur des faits et arguments juridiques ; d) but : ceux-ci devront être discutés (valeur déontique d’obligation), point par point ; e) Quand ? À l’occa- sion de futures rencontres, négociations, pourparlers. Mais lamonosémie en langue se résout en une pluralité restreinte de sens discursifs, distingués d’après le contexte situationnel : monde de la diplomatie, monde politique ou militaire 9 . Référendum, nommasculin (pluriel référendums) vient de l’expression latine ad referendum (gérondif neutre , attesté en français dès 1750). En latin, le verbe re- ferre est tr. d. et signifie « faire un rapport, soumettre à une assemblée ». La signi- fication de ce mot indique clairement son caractère monosémique : il désigne, selon TLFi, dans le langage politique « une procédure directe de consultation des citoyens qui constituent le corps électoral ; ils sont obligés de se prononcer (par "oui" ou "non") sur des questions limitatives d’ordre constitutionnel ou législatif »:

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