AGAPES FRANCOPHONES 2013
Addenda, agenda, corrigenda… une invitation au voyage dans le monde des modalités déontiques 283 (4) Il fallait que le peuple eût à s’associer directement, par voie de referendum aux décisions capitales qui engageraient son destin (De Gaulle, in TLFi ) 2.3. Analyse sémantique des lexèmes polysémiques agenda et légende La polysémie est un phénomène complexe susceptible d’être décrit de plusieursma- nières. Selon les théories objectivistes il faut « représenter le sémantisme d’un poly- sème par autant de listes de traits référentiels descriptifs que cette expression pré- sente de référents » (Mazaleyrat 2010, 23, dorénavant désigné par le sigle L.C.P). C’est une démarche sémasiologique. Selon les théories constructivistes , « chaque ex- pression (polysémique ou non) possède un noyau ou potentiel sémantique, décrit à l’aide de traits plus oumoins abstraits » (L.C.P. 24) ; à partir de celui-ci sont obtenus le ou les sens suite à l’action de différents mécanismes contextuels de spécialisation et/ou d’enrichissement. Le noyau de sens agit « comme un schéma organisateur, à partir duquel sont construits les différents sens de l’unité en contexte » (L.C.P. 23–24). C’est la démarche onomasiologique. En ce qui nous concerne, nous croyons que la meilleure démarche à suivre pour expliquer la polysémie des deux mots agenda et légende est fondée sur la version étendue de la sémantique du prototype, pour laquelle « c’est l’unité lexicale en elle- même qui constitue l’indicateur de la catégorie, et non plus le prototype » (LCP.48). La polysémie est expliquée par le phénomène de multiréférentialité catégorielle ; la polysémie est considérée « comme un cas spécial de catégorisation à base prototy- pique où les sens d’un mot sont les membres d’une catégorie » (Kleiber 1990, 162 apud L.C.P. 48). Les mots polysémiques forment des catégories rassemblant des sous-catégories référentielles ou sens. Le nom agenda : diachronie et synchronie Agenda, nommasculin , est emprunté au bas latin agenda, qui est le pluriel neutre de l’adjectif verbal agendus « qui doit être fait », du verbe agère, tr.d. En latin mé- diéval, agenda diei signifiait « office liturgique du jour », ce qui impliquait l’idée modale « obligation », car il fallait en respecter pas à pas le déroulement. L’emploi de ce mot au fil du temps nous dévoile déjà les principaux traits défini- toires de cet item, véritable catégorie lexicale. En françaismoyen, lemot désigne un « livre où sont consignés les comptes d’une ville » et, par extension, il désigne en français classique un « carnet sur lequel on note ce que l’on a à faire » ( TLFi). Ce dernier emploi fait ainsi la liaison avec les sens actuels attachés au signifiant agenda, dont les principaux traits sémantiques sont les suivants : a) outil ; b) qui sert à associer des actions à des moments ; c) dans le but d’organiser et de planifier son temps. Il y a aussi des aractéristiques supplémentaires qui expliquent la variété des agendas : ~ papier, ~ électronique. Si l’agenda a la forme d’un carnet prédaté sur lequel on inscrit jour par jour ce que l’on doit faire, alors il a des dimensions réduites et comporte aussi un carnet d’adresses, des cartes géographiques, des informations pratiques personnalisées, un bloc-notes, etc. : (5) Tenir un agenda ; écrire pour chaque jour ce que je devrai faire dans la se- maine, c’est diriger sagement ses heures. On décide ses actions soi-même (…). Dans mon agenda je puise le sentiment du devoir (Gide, in TLFi ).
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