AGAPES FRANCOPHONES 2013
Eugenia ARJOCA IEREMIA Université de l’Ouest de Timişoara, Roumanie 284 10 Comme nous l’avons vu, addenda et corrigenda, mémorandum et référendum, agenda et légende viennent tous de verbes transitifs directs, qui, du point de vue sémantique, sont agen- tifs bivalents, c.à.d. ils ont pour traits sémantico-syntaxiques inhérents (traitsmatriciels) deux actants (arguments) destinés à jouer les rôles thématiques [Agent] et [Patient]. Quand leurs adjectifs verbaux sont intégrés commeparticipes futurs passifs (gérondifs) dans la conjugaison périphrastique passive, ils expriment le jugement modal « obligation » appliqué au séman- tisme même de l’un des verbes addère, corrigère, memorare, referre, agère, legère. De plus, l’emploi de la forme correspondant augenreneutre (singulier oupluriel) : addenda, corrigen- da,memorandum, referendum, agenda, legenda est unemploi impersonnel, susceptibled’ex- primer la prédication générique. L’idée d’« obligation à faire quelque chose » est soulignée dans cet exemple par le verbe (je) devrai et par le nom devoir ! À l’intérieur de la catégorie agenda, nous allons distinguer deux sous -catégories comme autant de sens dérivés de la signification décrite plus haut et qui se sont développés grâce à l’usage du mot dans le discours. Sens 1 = ensemble de choses à traiter dans une période donnée (langage politique et journalistique), les exemples (6) et (7) et sens 2 (rare et figuré, en parlant d’une personne qui se conduit comme un agenda), exemple (8) : (6) Le nouvel agenda de Lisbonne est forcément vaste, mais un ensemble limité de priorités politiques déterminera son succès (europarl.europa.eu) . (7) La Commission a annoncé son intention de proposer une directive sur la dis- crimination fondée sur le sexe en dehors du marché du travail, dans sa commu- nication relative à l ’agenda de la politique sociale (aedh.eu) . (8) Comme mes rendez-vous sont souvent pris huit, dix jours à l’avance, comme j’en ai huit à douze par jour, je suis devenu un agenda vivant (Vailland, in TLFi) . Le nom légende : diachronie et synchronie Légende, nomféminin, attesté auXII e s, est emprunté au lat. médiéval : legenda , gé- rondif pluriel neutre qui signifie « ce qui doit être lu » ; du verbe tr. d. legěre, 1. Cueillir à la main, ramasser ~ flores ; 2. (fig.) cueillir de ses regards, lire ~ libros 10 . Par rapport au mot latin legenda, le mot français légende apporte des change- ments sémantiques. Vers 1220, par légende on comprend le récit de la vie du saint du jour, lu à haute voix dans un but moralisateur (informer et donner une leçon, af- fermir la foi, encourager à supporter les vicissitudes de la vie). On lisait ce récit pen- dant l’office des matines ou pendant le repas du soir, dans un réfectoire de couvent. La signification de l’expression légende vient ainsi de l’ancien cas virtuel [Patient] du verbe latin legěre , cas représenté par un nom à fonction de COD. De plus, l’em- ploi du mot légende est le résultat d’un acte volontaire de désignation qui donne le sens « primitif » aumot français, par restriction et spécialisation dans le vocabulaire religieux. Ainsi, par exemple, la construction gérondivale : VitaSancti Petri legenda est donnera en français la légende de Saint Pierre. (9) Aux fêtes doubles des Saints, on lit trois leçons de leur légende ( GR) . (10) Légende de Saint Pierre : Après l’Ascension de Jésus Christ, Pierre, comme premier des apôtres se montra un thaumaturge hors du commun : non seule-
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