AGAPES FRANCOPHONES 2013

Eugenia ARJOCA IEREMIA Université de l’Ouest de Timişoara, Roumanie 286 12 La fondation de Rome : légende et réalité. Jupiter s’adresse à Vénus, sa fille : Enéemènera en Italie une grande guerre, vaincra des peuples farouches, et transférera son trône à Albe-la- Longue, qu’il munira de puissants remparts. C’est là que la royauté sera aux mains de la race d’Hector, jusqu’au jour où une prêtresse royale, enceinte du dieu Mars, donnera naissance à des enfants jumeaux. Bien nourri à l’abri de sa fauve nourrice, Romulus fondera les murailles de Rome et désignera les Romains à partir de son nom. (d’après Virgile, L’Énéide , web) 13 Le prototype n’a plus le pouvoir de justifier la catégorisation d’une entité. (12) Une très belle légende parle avec amour de la lavande. On raconte qu’il y a bien longtemps… Une très jolie fée aux yeux bleus, prénommée Lavandula, aurait vu le jour au milieu des lavandes sauvages de la montagne du Lure. L’en- vie lui vint un jour de s’installer. Elle feuilleta son cahier de paysages et son sur- vol s’arrêta brusquement sur la page présentant les terres incultes de laProvence […]. (Gingis-Lassaraz, web) (13) La légende des oies du Capitole : elles se trouvaient dans la forteresse in- vestie par les Gaulois et réveillèrent par leurs cris les assiégés sans défiance qui repoussèrent un assaut nocturne. (PL) Dans le cas de Légende I(4), le récit merveilleux porte sur un lieu, une localité, un monument, un objet important, célèbre ; le but est de donner une explication à leur origine ou à leur utilité dans la vie d’un héros. Exemples : La légende de l’épée Du- rendal (Durandal) de Roland ; La légende du cheval de Troie ou de la fondation de Rome 12 . On aura donc les traits : a, b, g, h, j. Les items correspondants à Légende I(2), (3) ou (4) s’emploient enmusique par spécialisation de sens, pour désigner une pièce instrumentale, un oratorio, un opéra ayant pour thème principal une légende : (14) Les Légendes jamaïcaines interprétées magistralement par Ernest Ranglin et Sly & Robbie ont été diffusées sur la chaîne de télévision Mezzo, le 4 août 2013, à 15h30). (15) Je venais de diriger au théâtre de Dresde la seconde exécution de ma lé- gende : la Damnation de Faust (Berlioz, in TLFi). On peut donc considérer que le nom polysémique Légende I est une catégorie or- ganisée selon le critère « des ressemblances de famille » (ce qui exclut qu’elle soit considérée comme une collection de propriétés prototypiques) ; chaque sens de ce mot polysémique est unmembre de la catégorie qui possède aumoins un trait com- mun avec l’une des autres entités catégorisées (et non plus avec une entité type leur servant de dénominateur commun) 13 . Les traits que nous avons retenus pour Lé- gende I se combinent pour créer tel ou tel sens (1), (2), (3) ou (4), sans que l’un d’entre eux soit considéré comme prototypique par rapport aux autres. Ils sont tous « génétiquement reliés entre eux ». Lemot emprunté initialement au latinmédiéval dans le but de créer et d’enrichir un vocabulaire religieux capable d’exprimer les ri- tuels et les besoins de la liturgie romaine (catholique), forme une véritable famille sémantique grâce au fait que les membres de la famille, autrement dit ses sens, ap- paraissent dans le temps (en diachronie) comme liés entre eux par des traits carac- téristiques à cette même famille, nommée Légende I (Voir fig. 1).

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