AGAPES FRANCOPHONES 2013

Eugenia ARJOCA IEREMIA Université de l’Ouest de Timişoara, Roumanie 288 14 Selon nous, il s’agit d’un emploi pragmatique dumot légende, car le locuteur n’assume pas la responsabilité de ses paroles ; il présente ce qu’il dit comme une information incertaine, pas encore vérifiée (v. dans le dernier exemple l’emploi du conditionnel passé, voix passive du verbe décider) , car il ne veut pas être accusé d’introduire dans le discours des affirmations in- exactes,mensongères,mais enmême temps il veut colporter des nouvelles sensationnelles aux- quelles il croit peut-être. Voilà pourquoi ses affirmations arrivent à être jugées comme « péjo- ratives ». Fig. 2 : Légende II coupa court aux railleries par cesmots : «Messieurs, honni soit qui mal y pense ». (fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_la_Jarretière) 14 Dans tous les cas de figure examinés jusqu’à présent, l’item LÉGENDE I a été traité comme une catégorie organisée autour d’un noyau de sens abstrait, dont les traits définitoires se groupent en autant de sous-catégories que de sens. Passonsmaintenant à la vérification de notre hypothèse de travail, selon laquelle la polysémie du mot légende doit, en français contemporain, être scindée : il faut admettre l’existence de deux mots homonymes , notés Légende I et Légende II . Si le premier a perdu la valeur modale déontique initiale, celle d’ obligation, attachée au suffixe latin d’origine –nda, son homonyme l’a conservée, ce qui a conduit au déve- loppement d’une nouvelle série polysémique. Légende II – Traits sémantiques caractéristiques de la deuxième catégorie lexi- cale : a) texte de petite dimension ; b) pour informer ou expliquer ; c) pour donner – dans certains cas – des conseils, des indications à suivre (Fig. 2).

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